Textes comparatifs de trois versions de révélations mystiques sur Simon de Cyrène : Josefa Menendez, Anne Catherine Emmerich et Maria Valtorta.
Simon, un homme robuste âgé d’une quarantaine d’années, fut contraint d’aider Jésus sous la menace d’un châtiment et peut-être contre rémunération. Il était père de trois garçons, dont l’un deviendra Saint Ruf, disciple de Saint Paul, et qui fonda l’Église d’Avignon (France).
Références Bibliques :
Évangile de Saint Marc : « Ils réquisitionnèrent un passant, Simon le Cyrénéen, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait de la campagne, pour porter sa croix. »
Épître aux Romains de saint Paul : « Saluez Rufus, élu dans le Seigneur, et sa mère, qui est aussi la mienne. »
« et sa mère qui est aussi la mienne. »
On peut donc penser que la femme de Simon le Cyrénéen devait être disciple de Jésus et elle devait accompagner saint Paul au point qu’il la considérait comme sa mère. Les Actes des apôtres mentionnent un certain Lucius de Cyrène, compagnon et de la parenté de Saint-Paul. La femme de Simon le Cyrénéen était peut-être parente avec saint Paul, d’où la phrase : « et sa mère qui est aussi la mienne. »
Cyrène, l’ancienne ville grecque (en actuelle Libye, Afrique du nord), est la plus ancienne et la plus importante des cinq colonies grecque dans la région et lui donne son nom de Cyrénaïque, qui est encore usité aujourd’hui.
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Version de Josefa Menendez
Extrait des visions et messages donné en 1923 à Josefa Menéndez (1890-1923)
Mardi saint le 27 mars 1923. Josefa a repris sa plume : « Et maintenant continuons notre Œuvre. Contemple-Moi sur le chemin du Calvaire, chargé de la lourde croix. Regarde, derrière Moi, Simon qui m’aide à la porter et considère d’abord deux choses :
Premièrement, cet homme quoique de bonne volonté est cependant un mercenaire, car s’il m’accompagne et partage le poids de ma Croix c’est pour gagner la somme convenue. Aussi, lorsqu’il se sent accablé de fatigue, laisse-t-il peser davantage le fardeau sur mes Épaules et c’est ainsi que Je tombe deux fois encore sur le chemin.
Secondement cet homme est réquisitionné pour m’aider à porter une partie de la croix, mais non pas toute ma Croix.
Venons-en au sens figuré par ces deux circonstances :
Simon est réquisitionné, c’est dire qu’il espère un certain intérêt du travail auquel il est forcé. Ainsi en est-il de beaucoup d’âmes qui marchent à ma suite. Sans doute, acceptent-elles de m’aider à porter la croix, mais en restant soucieuses de consolation et de repos… Elles consentent à venir après moi et c’est dans ce but qu’elles ont embrassé la vie parfaite mais sans abandonner leur intérêt propre qui demeure pour elles au premier plan.
Aussi, vacillent-elles et laissent-elles tomber ma Croix lorsque le poids s’en fait trop lourd. Elles cherchent à souffrir le moins possible, mesurent leur abnégation, évitent cette humiliation, cette fatigue, ce travail et, se souvenant peut-être avec regret de ce qu’elles ont quitté, elles essaient de s’accorder du moins certaines jouissances.
En un mot, il y a des âmes si intéressées et si égoïstes que, s’étant mises à ma suite plus encore pour elles que pour Moi, elles n’acceptent que ce qu’elles ne peuvent éviter ou ce qui les oblige strictement…
Ces âmes ne m’aident à porter qu’une petite partie de ma Croix et de telle façons qu’à peine pourront-elles acquérir les mérites indispensables à leur salut. Mais dans l’éternité, elles verront combien loin en arrière, elles sont restées sur le chemin.
Version d’Anne Catherine Emmerich
Extrait des visions d’Anne Catherine Emmerich (Allemagne) (1774-1824).
(…) Nous ne pourrons pas l’amener vivant, si vous ne trouvez quelqu’un pour porter sa croix . Ils virent à peu de distance un païen, nommé Simon de Cyrène, accompagné de ses trois enfants, et portant sous le bras un paquet de menues branches, car il était jardinier et venait de travailler dans les jardins situés près du mur oriental de la ville.
Chaque année, il venait à Jérusalem pour la fête, avec sa femme et ses enfants, et s’employait à tailler des haies comme d’autres gens de sa profession. Il se trouvait au milieu de la foule dont il ne pouvait se dégager, et quand les soldats reconnurent à son habit que c’était un païen et un ouvrier de la classe inférieure, ils s’emparèrent de lui et lui dirent d’aider le Galiléen à porter sa croix. Il s’en défendit d’abord et montra une grande répugnance, mais il fallut céder à la force.
Ses enfants criaient et pleuraient, et quelques femmes qui le connaissaient les prirent avec elles. Simon ressentait beaucoup de dégoût et de répugnance à cause du triste état où se trouvait Jésus et de ses habits tout souillés de boue ; mais Jésus pleurait et le regardait de l’air le plus touchant. Simon l’aida à se relever, et aussitôt les archers attachèrent beaucoup plus en arrière l’un des bras de la croix qu’ils assujettirent sur l’épaule de Simon.
Il suivait immédiatement Jésus, dont le fardeau était ainsi allégé. Les archers placèrent aussi autrement la couronne d’épines. Cela fait, le cortège se remit en marche. Simon était un homme robuste, âgé de quarante ans ; il avait la tête nue : son vêtement de dessus était court : il avait autour des reins des morceaux d’étoffe : ses sandales, assujetties autour des jambes par des courroies, se terminaient en pointe : ses fils portaient des robes bariolées. Deux étaient déjà grands ; ils s’appelaient Rufus et Alexandre, et se réunirent plus tard aux disciples. Le troisième était plus petit, et je l’ai vu encore enfant prés de saint Étienne. Simon ne porta pas longtemps la croix derrière Jésus sans se sentir profondément touché.
Alexandre, fils de Simon de Cyrène.
(Wikipédia) En 1941 deux archéologues israéliens découvrent dans la vallée du Cédron près de Jérusalem une tombe contenant 10 ossuaires, 13 vases et une lampe à huile qui permettent de dater la découverte au premier siècle. L’ossuaire numéro 9 porte des inscriptions qui font référence à un Alexandre de Cyrène fils de Simon.
Rufus, fils de Simon de Cyrène : Saint Ruf d’Avignon (France)
Extrait du site : http://www.cassicia.com
C’est une ancienne tradition de l’Église d’Avignon que saint Ruf, son premier évêque, était fils de ce Simon le Cyrénéen qui aida Jésus à porter sa Croix. On dit que Simon avait quitté la Libye et la ville de Cyrène, sa patrie, après la perte de sa fortune, et qu’il était venu à Jérusalem avec ses deux fils Alexandre et Rufus.
Ayant été témoin des merveilles qu’opérait Jésus, il crût en lui et fût compté parmi ses disciples. Après l’Ascension du Sauveur, Ruf s’attacha à saint Paul et vint à Rome avec le docteur des nations. C’est de lui, on le croit, que parle saint Paul, dans l’Épître aux Romains, lorsqu’il dit : « Saluez Rufus, élu dans le Seigneur », — bref éloge qui montre suffisamment la sainteté du bienheureux Ruf.
Il suivit saint Paul en Espagne où cet Apôtre l’établit chef de l’Église de Tortosa naissante. Sur la demande des habitants de Valence émus des merveilles opérées à Tortosa, il envoya dans cette ville quelques-uns de ses disciples pour y porter la lumière de l’Évangile. Il passa ensuite les Pyrénées avec Paul-Serge, que l’Apôtre des gentils avait ordonné évêque de Narbonne, et vint fonder l’Église d’Avignon. Il propagea l’Évangile d’une manière étonnante dans la contrée et fit bâtir, dit-on, une chapelle sur le rocher, où, selon la tradition, Charlemagne fit élever plus tard la basilique de Notre-Dame des Doms.
Comblé d’années et de mérites, saint Rufus s’endormit dans le Seigneur vers l’an 90. Le Martyrologe romain le mentionne le 12 novembre, les Églises d’Avignon et de Tortosa célèbrent sa fête le 14 du même mois.
Son corps a reposé pendant de longs siècles dans l’oratoire qu’il avait fondé. Lorsque la congrégation des chanoines dite de Saint-Ruf se transporta à Valence en Dauphiné, les reliques du Saint furent placées dans la cathédrale d’Avignon et renfermées dans une châsse d’argent. Des mains sacrilèges les ont profanées et dispersées pendant la Révolution.
Version de Maria Valtorta
Extrait des Évangiles de Maria Valtorta. Tome 10
Longinus se lasse et éperonne son cheval, suivi des dix lanciers, contre la canaille qui l’insulte et qui fuit une seconde fois. C’est en le faisant qu’il voit une charrette arrêtée, montée certainement des cultures maraîchères qui sont au pied de la montagne et qui attend avec son chargement de salades que la foule soit passée pour descendre vers la ville. Je pense qu’un peu de curiosité chez le Cyrénéen et ses fils l’ont fait monter jusque-là, car il n’était vraiment pas nécessaire pour lui de le faire. Les deux fils, allongés sur le tas de légumes, regardent et rient après les juifs en fuite. L’homme, de son côté, un homme robuste sur les quarante-cinquante ans, debout près de l’âne qui effrayé veut reculer, regarde attentivement vers le cortège.
Longinus le dévisage. Il pense qu’il peut lui être utile et lui ordonne : « Homme, viens ici. »
Le Cyrénéen fait semblant de ne pas entendre, mais avec Longinus on ne plaisante pas. Il répète l’ordre de telle façon que l’homme jette les rênes à un de ses fils et s’approche du centurion.
« Tu vois cet homme ? » lui demande-t-il, et en parlant ainsi, il se retourne pour indiquer Jésus et il voit à son tour Marie qui supplie les soldats de la laisser passer. Il en a pitié et crie :
« Faites passer la Femme. » Puis il reprend à parler au Cyrénéen :
« Il ne peut plus avancer ainsi chargé. Tu es fort. Prends sa croix et porte-la à sa place jusqu’à la cime. »
« Je ne peux pas… J’ai l’âne… il est rétif… les garçons ne savent pas le retenir. »
Mais Longinus lui dit : « Va, si tu ne veux pas perdre l’âne et gagner vingt coups comme punition. »
Le Cyrénéen n’ose plus réagir. Il crie aux garçons : « Allez vite à la maison et dites que j’arrive tout de suite ». Puis il va vers Jésus. (…)
Le cortège se remet en marche sous la poussée des flots d’un peuple furieux qui les presse, les sépare, en repoussant la Mère contre la montagne, l’exposant au mépris de tout un peuple… Maintenant, derrière Jésus, marche le Cyrénéen avec la croix. Et Jésus, libéré de ce fardeau, marche mieux. (…)