Le personnage de Zachée

Qui est Zachée ?

Ce texte est inspiré de celui sur Zachée du site de Maria Valtorta.

Zachée est un israélite judéen (de la région de Jérusalem), il a la quarantaine au moment des faits, est petit et pas très agile ni très fort, il est le percepteur d’impôt (publicain) de Jéricho. Il faisait aussi un peu l’achat et la vente d’objets précieux. Zachée est converti par Jésus dont le discours sur la montagne l’avait touché. Il se dépouille de ses richesses mal acquises.

À la suite de sa conversion, il veut suivre Jésus, mais, lors d’une prière au Temple, il se sent appelé à un autre apostolat : celui des marginaux. Il se met à accueillir les pécheurs, les publicains, malheureux comme lui, tenanciers de tripots, ruffians, usuriers, surintendants de galériens et de forçats, d’esclaves, tortionnaires de toutes les misères, soldats sans loi ni pitié, noceurs… en leur offrant l’hospitalité jusqu’à ce qu’ils trouvent un nouveau métier ou une nouvelle vie.

Il se fait aider dans toutes ces œuvres par Nike (Victoire, en grec), ce qui donna, suite au miracle du voile : « Vera Ikon« , ou « vraie image » = Véronique – qui était sa voisine à Jéricho, veuve et de la même génération que lui. Ils se mettent en couple et entreprennent de réhabiliter une propriété sur la route du Jourdain.

Zachée en Gaule – France.

La tradition enseigne que Zachée et Véronique durent s’expatrier en Gaule et ils vécurent à Roc Amadour (Dordogne, sud-ouest de la France). Le tombeau de Sainte Véronique se trouve à Soulac-sur-Mer (Sud-Ouest, Gironde, France). Elle est décédé en l’an 70 à l’âge de 87 ans.

Extrait du site : carmina-carmina.com

Un Dominicain de Lodève, Bernard de la Guionie raconte que lorsque saint Martial (Margziam, l’enfant adoptif de Saint Pierre des évangiles de Maria Valtorta.) est venu en Gaule, en 47, il était accompagné d’un homme qui s’appelait Amateur (amoureux) et qui était marié à une Véronique, amie de la Vierge. Amateur se retira dans un ermitage qui devint Roc-Amadour. Véronique se retira à Soulac, près de Bordeaux. Saint Amateur ne serait autre que Zachée, époux de Véronique.

Extrait du site : chemin-amadour.fr

Tout commence lorsque Amadour (Zachée) et sa bien-aimée épouse, Véronique, débarquent sur les plages médocaines de la Gironde, non loin de l’actuelle Soulac-sur-Mer. Le couple entreprend alors d’évangéliser la péninsule médullienne jusqu’à Bordeaux.
Cependant, le décès de Véronique viendra briser leur épopée commune. La tombe de la défunte se trouve aujourd’hui dans la crypte de la basilique Saint-Seurin à Bordeaux.
Amadour (Zachée), désormais veuf, quitte Soulac-sur-Mer pour traverser la Gironde, le Lot-et-Garonne et la Dordogne, afin de trouver refuge dans une vie d’ermite sur le site qui deviendra plus tard Rocamadour, dans le Lot. Ainsi, l’histoire relie ces deux villes emblématiques, Soulac et Rocamadour, dans un récit légendaire qui a traversé les âges.

La découverte de la tombe de Zachée.
Extrait du site : Wikipedia : La Crypte Saint-Amadour

Dès le XIIe siècle, Rocamadour possède une vierge romano-gothique dans un petit sanctuaire, l’église Sainte-Marie ou Notre-Dame.
En 1166, un corps en parfait état de conservation à proximité est miraculeusement découvert en creusant la tombe d’un défunt. Attribuée à saint Amadour, un ermite qui ne serait autre que Zachée disciple de Jésus, il est déposé dans l’actuelle crypte. Les miracles s’accumulent : 126 sont authentifiés et inscrits dès 1172. Les pèlerins accourent de toute l’Europe. En 1244, Saint Louis et sa mère Blanche de Castille y viennent prier Notre-Dame.
En 1562, pendant les guerres de Religion, les Huguenots pillent et brûlent le sanctuaire, n’épargnant pas les reliques du saint. Les habitants sauvent des flammes quelques os qu’ils enferment dans un reliquaire resté caché pendant plusieurs années.

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De gauche à droite :  Image par ia – Une photo ancienne du tombeau de Zachée à Rocamadour et le village.

Les disciples ne voulurent pas accompagner Jésus chez Zachée.

Extrait des visions d’Anne Catherine Emmerich (Allemagne) (1774-1824). Lire le texte en entier.

Près de la ville de Jéricho, dans un endroit où il y a un mélange de jardins, de lieux de plaisance et de maisons, le Seigneur et sa suite se trouvaient en présence d’une foule très compacte. Il y avait là une quantité de gens accourus des contrées environnantes. Ces gens l’entouraient de tous côtés ainsi que beaucoup de malades qui l’attendaient, couchés sous des hangars et des tentes.

Zachée, un chef des publicains, qui demeurait hors de la ville, était accouru dans cet endroit où le Seigneur devait passer : mais comme il était petit, il monta sur un figuier pour pouvoir voir Jésus dans la foule. Quand le Seigneur fut arrivé là, il regarda sur l’arbre et dit : « Zachée, descendez vite, car je dois aujourd’hui loger dans votre maison ». Zachée descendit en toute hâte, il s’inclina humblement avec un sentiment d’émotion profonde et se rendit dans sa maison pour tout préparer.

Ce que Jésus lui dit, qu’il devait entrer ce jour-là dans sa maison, se rapportait à la maison de son cœur dont il faisait dès lors sa demeure. (…)
Les disciples avaient déjà murmuré de ce qu’il frayait avec ce publicain décrié et de ce qu’il voulait même aller loger chez lui ; car quoique le Seigneur eût déjà plus d’une fois combattu leurs préjugés, il y avait beaucoup de nouveaux disciples pour lesquels Zachée était un objet de scandale, spécialement quelques-uns de ses parents qui faisaient partie de la suite de Jésus, et qui étaient honteux que Zachée ne se fût pas encore converti et fût demeuré publicain.

Jésus chez Zachée

Zachée s’approcha d’eux devant la maison, mais aucun d’eux ne voulut lui parler, aucun ne lui offrit la moindre chose. (…) Les disciples n’accompagnèrent pas Jésus chez Zachée. Celui-ci fit au Seigneur un accueil très hospitalier. Il y avait sur la table un plat oblong, avec un rôti d’agneau, à ce que je crois, et en outre, comme de coutume, du miel et beaucoup de petits fruits.
Zachée ne se mit pas à table avec les convives, il s’occupait du service, mais quand Jésus parlait, il se faisait remplacer : alors il se tenait respectueusement prés du Seigneur et l’écoutait attentivement.

Les arbres stériles et ceux qui finissent par donner du fruit. Zachée était le fruit mûr.

Comme quelques-uns des apôtres éprouvaient une certaine répugnance à manger chez ce publicain décrié. Alors Jésus raconta la parabole du figuier, de la vigne qui n’avait pas porté de fruit pendant trois ans, mais pour lequel le vigneron avait demandé encore un an de patience (Luc, XIII, 5-9).
Je vis que Jésus dit cela pour les apôtres comme s’ils étaient la vigne, lui-même le maître, et Zachée le figuier ;

Il y avait en effet trois ans que les parents de celui-ci avaient quitté leur profession décriée pour suivre le Seigneur, tandis que lui-même avait continué à l’exercer, ce qui le rendait méprisable aux yeux des disciples. Mais Jésus avait eu pitié de lui lorsqu’il lui avait crié de descendre de l’arbre.

Jésus parla encore des arbres stériles qui donnent une quantité de feuilles et pas un fruit. Il dit que les feuilles étaient les actes purement extérieurs, qu’elles faisaient entendre un bruit incessant, mais qu’elles ne duraient pas et que la bonne sentence n’était pas en elles ; que les fruits, au contraire, étaient le principe intérieur opérant par la foi et produisant des œuvres fécondes, semblable en cela au fruit qui donne de la force à ceux qui s’en nourrissent et qui porte le germe dans lequel l’arbre se perpétue.

Il me sembla qu’en disant à Zachée de descendre de l’arbre, c’était comme s’il lui eût dit de quitter le monde avec ses dehors spécieux et son vain bruit ; il semblait encore que Zachée fût le fruit mûr pour lequel était venu le moment de se séparer de l’arbre qui pendant trois ans était resté dans la vigne sans rien produire. (…)

Jésus passa la nuit ici. Il y avait dans la maison de grandes chambres vides, des caveaux et des magasins dont les portes étaient munies de serrures et de chaînes, afin qu’on pût y conserver et y mettre en sûreté toute sorte de choses.

J’ai le cœur malade, parce que j’ai fraudé.

Extrait des Évangiles de Maria Valtorta. Tome 6.

Je vois une grande place — on dirait un marché —, ombragée de palmiers et d’autres arbres plus bas et feuillus. Les palmiers ont poussé çà et là, en désordre, et balancent leurs touffes de feuilles au rythme d’un vent chaud et élevé qui soulève une poussière rougeâtre comme s’il venait d’un désert, ou du moins de terres incultes rougeâtres.

En revanche, les autres arbres forment une sorte de long portique sur les côtés de la place, un berceau d’ombre, sous lequel se sont réfugiés vendeurs et acheteurs en une cohue agitée et hurlante.             

Dans un coin de la place, précisément là où débouche la rue principale, se trouve un comptoir important de collecteur d’impôts. Il y a des balances et des mesures, un banc sur lequel est assis un petit homme qui surveille, observe et encaisse. Tout le monde parle avec lui comme s’il était très connu. J’apprends que c’est Zachée, un chef de publicains, parce que beaucoup s’adressent à lui, les uns pour lui poser des questions sur les événements de la ville — ce sont les étrangers —, les autres pour lui verser leurs taxes. Plusieurs s’étonnent de le voir soucieux. Il paraît en effet distrait et absorbé dans ses pensées. Il répond par monosyllabes et parfois par signes. Cela surprend beaucoup de gens et on comprend que Zachée est d’habitude loquace. Quelqu’un lui demande s’il se sent mal, ou bien s’il a des parents malades. Mais il dit que non.

Il montre un vif intérêt à deux reprises seulement. La première, quand il interroge deux hommes en provenance de Jérusalem et qui parlent du Nazaréen en racontant ses miracles et ses prédications. Alors Zachée pose de nombreuses questions :           

«Est-il vraiment bon comme on le dit ? Ses paroles correspondent-elles à ses actes ? Fait-il réellement preuve de la miséricorde qu’il prêche ? Pour tous ? Même pour les publicains ? Est-il vrai qu’il ne repousse personne ?»         

Et il écoute, il réfléchit, il soupire.        
La seconde fois, c’est quand on lui désigne un homme barbu qui passe sur son âne, chargé de meubles.  

«Tu vois, Zachée ? Voici Zacharie, le lépreux. Depuis dix ans, il vivait dans un tombeau. Maintenant qu’il est guéri, il rachète du mobilier pour sa maison vidée par application de la Loi quand lui et les siens furent déclarés lépreux.

Zachée : – Tu ne l’as pas revu ?              

Zacharie : – Non. Mais je sais qu’il est dans les parages et je suis venu ici exprès. Je voudrais le bénir encore et qu’il me bénisse pour me donner de la force dans ma solitude. »       

Zachée baisse la tête et se tait. Le groupe se disperse.            

Le temps passe. L’heure devient chaude. Le marché se vide. Assis à son comptoir, le collecteur d’impôts, la tête appuyée sur la main, réfléchit. « Voici le Nazaréen ! » crient des enfants en montrant la rue principale. Femmes, hommes, malades, mendiants, tous s’empressent de courir à sa rencontre. La place s’est vidée. Seuls restent des mulets et des chameaux, attachés aux palmiers, et Zachée à son comptoir.      

Puis il se lève et monte dessus. Il ne voit toujours rien, car beaucoup de gens ont détaché des branches et les agitent comme pour faire fête à Jésus, qui apparaît penché sur des malades. Alors Zachée enlève son vêtement et, ne gardant que sa tunique courte, il grimpe sur l’un des arbres. Il monte non sans peine sur le tronc gros et lisse qu’il enserre mal de ses jambes et de ses bras courts. Mais il y parvient, et s’assied à califourchon sur deux branches comme sur un perchoir. Ses jambes pendent de cette balustrade et il se plie en deux pour voir, comme quelqu’un qui est à une fenêtre et qui se penche pour regarder.         

La foule arrive sur la place. Jésus lève les yeux et sourit au spectateur solitaire perché dans les branches.
« Zachée, descends immédiatement. Aujourd’hui, je demeure chez toi » ordonne-t-il.           

Après un moment de stupeur, Zachée, le visage rougi par l’émotion, se laisse glisser à terre comme un sac. Il est agité et n’en finit pas de remettre son vêtement. Il ferme ses registres et sa caisse avec des gestes qu’il voudrait rapides et qui n’en sont que plus lents. Mais Jésus est patient et, en attendant, il caresse des enfants.        

Enfin Zachée est prêt. Il s’approche du Maître et le conduit vers une belle maison entourée d’un vaste jardin, au centre du bourg. C’est une belle cité, et même une ville de peu inférieure à Jérusalem pour ses bâtiments, sinon pour son étendue.

Jésus dans la maison de Zachée.

Jésus entre et, en attendant que le repas soit préparé, il s’occupe des malades et des bien portants, avec une patience… dont lui seul est capable.  
Zachée va et vient en se donnant beaucoup de mal. Il ne se tient plus de joie. Il voudrait parler avec Jésus, mais le Maître est toujours entouré d’une foule de gens. Finalement, Jésus les congédie tous en disant : « Revenez au coucher du soleil. Maintenant, rentrez chez vous. Paix à vous. »   

Tout le monde se dispense, et l’on sert le repas dans une salle belle et fraîche qui donne sur le jardin. Zachée a très bien fait les choses. Je ne vois pas de gens de sa famille, aussi je pense qu’il était célibataire, entouré seulement de nombreux serviteurs.   

À la fin du repas, quand les disciples s’éparpillent à l’ombre des buissons pour faire la sieste, Zachée reste avec Jésus dans la salle fraîche.
Pendant un moment, Jésus reste même seul, car son hôte se retire comme pour lui permettre de se reposer. Puis il revient et écarte un peu le rideau pour regarder. Il voit que le Seigneur ne dort pas, mais réfléchit. Alors il s’approche. Il porte un coffre pesant qu’il pose sur la table, près de Jésus :  

« Maître… on m’a parlé de toi, il y a un certain temps. Un jour, sur une montagne, tu as exposé nombre de vérités que nos docteurs ne savent plus dire. Elles me sont restées dans le cœur… et depuis lors, je pense à toi… Puis on m’a dit que tu es bon et que tu ne repousses pas les pécheurs. Moi, je suis pécheur, Maître. On m’a dit que tu guéris les malades. J’ai le cœur malade, parce que j’ai fraudé, parce que j’ai pratiqué l’usure, parce que j’ai été vicieux, voleur, dur envers les pauvres.
Mais maintenant, me voilà guéri, parce que tu m’as parlé. Tu t’es approché de moi, et le démon de la volupté et de la richesse s’est enfui. Et moi, à partir d’aujourd’hui, je suis à toi, si tu ne me refuses pas. Et pour te prouver que je nais de nouveau en toi, je me dépouille de mes richesses mal acquises. Je te donne la moitié de mes biens pour les pauvres et l’autre moitié servira à restituer au quadruple ce que j’ai pris frauduleusement. Je sais qui j’ai escroqué. Et puis, après avoir rendu à chacun ce qui lui appartient, je te suivrai, Maître, si tu le permets…

– Je le veux. Viens. Je suis venu pour sauver et appeler à la lumière. Aujourd’hui, la lumière et le salut sont entrés dans la maison de ton cœur. Ceux qui, de l’autre côté du portail, murmurent parce que je t’ai racheté en m’asseyant à ton banquet, oublient que, comme eux, tu es un fils d’Abraham et que je suis venu sauver ce qui était perdu et donner la vie à ceux dont l’âme était morte. Viens, Zachée. Tu as compris ma parole mieux que beaucoup de ceux qui me suivent uniquement pour pouvoir m’accuser. Aussi, désormais, tu seras avec moi. »