Rappel historique
– 1407 : Après la mort de Moïse, Josué et les Hébreux traversent le Jourdain et entrent en terre de Canaan.
– 1000 : Le Roi David et son armée s’emparent de Jérusalem, qui appartenait à la tribu cananéenne des Jébusiens. L’ancienne capitale des Hébreux était la ville de Silo, ou se trouvait l’Arche et ou fut élevé le prophète Samuel.
– 587 : Destruction du premier temple de Jérusalem et exil.
– 538 : Retour d’exil et reconstruction du Temple.
– 63 : Siège et prise de Jérusalem par Pompée et ses légions romaines, qui avait été invité à intervenir dans une querelle sur l’héritage du royaume hasmonéen, qui se transforma en guerre entre Hyrcan II et Aristobule II. Sa conquête de Jérusalem sonna la fin de l’indépendance juive et l’incorporation de la Judée en tant que royaume client de la République romaine.
– 37 : Siège et prise de Jérusalem par Hérode Ier le Grand, avec des légions envoyées par la République romaine, ce qui marqua la fin de la dynastie des Hasmonéens, issue de la révolte des Maccabées contre le pouvoir grecque et les juifs hellénisés.
– 19 : Le temple est restauré et agrandi sous Hérode Ier le Grand.
Première révolte : La guerre judéo-romaine de 66-73.
Cette « Grande Révolte » est la première des trois révoltes juives contre l’Empire romain, relatée principalement par Flavius Josèphe, témoin oculaire des évènements.
Elle commence en 66, suite à des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs. Après les tentatives de conciliations des autorités locales et des notables juifs (Pharisiens) qui étaient hostiles à tout conflit militaire, une révolte armée se déclenche, provoquée par les fanatiques (Zélotes) et qui se durcit face à la menace romaine.
En marge de cette révolte, une guerre civile éclate à Jérusalem où les Zélotes prennent le pouvoir et sont à l’origine de la guerre interne qui affaiblit les Juifs. Les révoltés appartiennent à des factions antagonistes et obéissent à de multiples chefs qui s’entre-tuent.
Les troupes romaine de Titus attaquent Jérusalem en mai 1970. Le Temple est complètement brûlé le 28 août. Jérusalem est rasée, sauf les trois tours du palais d’Hérode et une partie de la muraille.
La destruction du Second Temple marque la fin de l’État hébreu à l’époque ancienne.
Les Samaritains sont en grande partie épargnés par la guerre civile.
Les Sadducéens, en partie massacrés, perdent toute influence.
Les Esséniens semblent disparaître.
La plupart des Zélotes se font tuer dans les combats de 66-74.
Les Romains créent la province de Judée, distincte de la province de Syrie. Le Sanhédrin est dissous. Le culte sacrificiel cesse d’être célébré.
Les Pharisiens se réorganisent rapidement, instituant une école et un grand conseil à Jamnia (Yabneh), près de Jaffa. Ce conseil remplace le Sanhédrin et réorganise le judaïsme autour de la Torah. Cette branche engendre le judaïsme rabbinique.
Deuxième révolte : La guerre de Kitos de 115-117.
Une insurrection quasi-générale et simultanée des Juifs contre les Romains se déclenche suite à la campagne de Rome contre l’Empire Parthe (Mésopotamie, Irak et Iran actuel).
Suite à la victoire des Romains sur les Parthe, Les juifs de Babylonie, qui haïssent les Romains depuis la destruction le Temple de Jérusalem, ne supportent pas l’occupation romaine et déclenche une grave insurrection judéo-parthe.
Les Juifs de la diaspora commencent alors une révolte. En 117, l’Orient est en feu et il y a des massacres d’habitants grecs et romains. Rome finit par vaincre la révolte, mais doit se retirer de Mésopotamie.
La répression de ces mouvements juifs à forte composante messianique, pourrait être la principale explication de l’ascendant que prend l’Église de Rome sur l’ensemble du mouvement chrétien peu après. L’église de Rome reste quasiment seule intacte, alors que c’était la plus éloignée, tant géographiquement que linguistiquement ou culturellement, des centres où est né le christianisme.
Troisième révolte : L’insurrection de Bar Kokhba de 132-135.
Shimon bar Kokhba, considéré comme le Messie, organise une armée en secret et déclenche une révolte bien préparée. Il tente d’instaurer un État juif indépendant en terre de Judée, projette de reconstruire le temple de Jérusalem et fait battre monnaie.
Pour compenser leur infériorité militaire, les combats prennent la forme d’une guérilla rurale. Les insurgés s’appuient sur un dispositif de tours de guet, de forteresses perchées et d’habitats souterrains à partir desquels ils mènent leurs raids. Les Romains, faisant face à une force juive fortement unifiée et motivée, furent pris au dépourvu.
Désavantagés par le nombre et subissant de lourdes pertes, les Romains décidèrent de pratiquer une tactique de terre brûlée, qui décima la population judéenne et entama petit à petit leur moral et leur détermination à poursuivre la guerre.
Dion Cassius (historien romain) rapporte que les troupes romaines auraient détruit 955 villages de Judée et que 180 000 Judéens ont trouvé la mort au combat, sans compter ceux, en plus grand nombre encore, qui sont morts de faim. Ils soulignent l’étendue de la défaite et le dépeuplement de la Judée autour de la « Ville sainte ».
Après la défaite, Jérusalem est rasée par Hadrien et interdite aux Juifs. Une ville romaine, Ælia Capitolina, est bâtie sur le site de Jérusalem. Sa population est désormais composée de vétérans de la Ve légion Macedonia, mais aussi de Grecs et de Syriens.
Le terreau du christianisme primitif.
La majeure partie de la population s’exila et renforça la diaspora juive qui existait déjà, et qui fut le terreau du christianisme primitif. Lorsque les apôtres arrivaient dans une ville, ils allaient en premier dans la communauté juive locale, annonçant la « Bonne nouvelle » (= Évangile). Certains devinrent les premiers chrétiens, d’autres non.
614 : Les Perses prennent Jérusalem et massacrent ses habitants et détruisent nombre de sites chrétiens.
635 : Jérusalem est conquise par les Arabes musulmans.
1073 : les Turcs seldjoukides prennent Jérusalem et les habitants sont massacrés.
1098 : Le vizir fatimide d’Égypte parvient à reprendre la ville.
1099 : La première croisade arrive et les croisés prennent Jérusalem et fonde le Royaume franc de Jérusalem.
1187 : Saladin prend le contrôle de Jérusalem.
1229 : Jérusalem redevient franque en après l’accord conclu pour dix ans et demi entre Frédéric II du Saint-Empire et le sultan d’Égypte.
1239 : la ville est reprise par les musulmans d’Égypte.
1244 : Jérusalem est pillée par des troupes turques.
Finalement, Jérusalem repasse sous le contrôle du sultan d’Égypte (Mamelouks), mais la ville est mise à sac.
1516 : Conquête des Turcs ottomans.
1831 à 1840 : Jérusalem est occupée par les armées du vice-roi d’Égypte, Méhémet Ali.
1917 : Le général britannique E. Allenby entre dans Jérusalem.
1922 : la Société des Nations confie la Palestine au Royaume-Uni.
1947 : L’ONU dote Jérusalem d’un statut international, mais la guerre israélo-arabe de 1948-1949 aboutit à un partage de la ville entre occupation israélienne (Jérusalem-Ouest) et jordanienne (Jérusalem-Est).
1950 : Le gouvernement israélien proclame Jérusalem capitale de l’État d’Israël.
Chapitres complémentaires :
Le Temple de Jérusalem
Complément d’histoire
L’époque de Jésus
Les premiers évangélisateurs de France