Les relevailles

J’ai lu le livre « Tout m’est bonheur » Tome I, d’Isabelle d’Orléans-Bragance, et je découvre une pratique que je ne connaissais pas : Les relevailles. Voici le court texte qui en parle. Lire le texte en entier ci-après.

« Ma première sortie a été comme d’habitude pour la cérémonie des relevailles. Actuellement, personne n’a plus la moindre idée de ce que cela veut dire. Le sens de cette pieuse coutume est de rappeler la présentation de l’enfant Jésus au Temple par sa mère ; et dans ces années 40, l’Église proposait encore aux fidèles ce rite touchant de dévotion mariale ; il comprenait une bénédiction spéciale pour l’enfant et la mère et la remise d’une obole en souvenir des deux colombes offertes par la Vierge. »

Extrait du livre : « Tout m’est bonheur » Tome I – Une Autobiographie en deux tomes d’Isabelle d’Orléans-Bragance, comtesse de Paris, parue en 1978 et 1981 – Éditions Robert Laffont.

(…) Nous n’attendions la naissance les jumeaux (Jacques et Michel) que vers le 10 juillet 1941. Le 24 juin, au milieu de la nuit, un cauchemar me réveille ; je ne me sens vraiment pas bien mais je n’ose réveiller Madeleine car quelques jours auparavant, j’avais eu une fausse alerte.

Vers 6 heures du matin, cela ne va vraiment plus du tout et Madeleine et moi-même étions vraiment perplexes ; j’ai fait ma valise à tout hasard et me suis décidée à téléphoner à Henri qui était resté à Rabat la veille, pour y travailler. Il m’a dit qu’il trouvait préférable que je descende à l’hôpital avec notre auto et nos derniers litres d’essence, car à bicyclette il n’arriverait certainement pas à temps pour me conduire. (…)

J’ai enfin fait une entrée remarquée à l’hôpital Lyautey où la petite sœur missionnaire franciscaine de Marie, prévenue par Henri, m’attendait avec lui sur le perron. Ces charmantes petites sœurs n’ont jamais voulu croire qu’il était urgent qu’on s’occupe sérieusement de moi… Quelques instants plus tard, le Dr Marmey m’accouchait de Michel, et de Jacques une demi-heure après. (…)

Pendant les vingt jours qui ont suivi, les petites sœurs et tous mes amis de Rabat se sont relayés pour me choyer et me dorloter. (…) Comme à chaque fois, j’ai profité de cette naissance pour me reposer pendant trois semaines au lit, et faire, en plus de longues lectures, le point avec moi-même.

Ma première sortie a été comme d’habitude pour la cérémonie des relevailles. Actuellement, personne n’a plus la moindre idée de ce que cela veut dire. Le sens de cette pieuse coutume est de rappeler la présentation de l’enfant Jésus au Temple par sa mère et dans ces années 40, l’Église proposait encore aux fidèles ce rite touchant de dévotion mariale ; il comprenait une bénédiction spéciale pour l’enfant et la mère et la remise d’une obole en souvenir des deux colombes offertes par la Vierge.
C’était aussi pour nous l’occasion de faire une réunion familiale et intime et cette fois-là, à Rabat, cela s’est passé dans la chapelle des petites sœurs missionnaires de Marie (…)

Après les relevailles, j’ai immédiatement repris ma vie active. J’ai enfourché avec joie notre principal moyen de locomotion, la bicyclette, et tout de suite également je me suis remise en selle pour une belle promenade à cheval avec Henri dans la forêt des Zaër. Quelle merveille que de pouvoir galoper à nouveau sous ces beaux chênes verts !
Nos petits jumeaux nous donnaient cependant des soucis. Depuis leur naissance, soufflait un terrible sirocco, vent torride qui déshydrate très rapidement les bébés… Tous les jours, nous devions aller en ville à la brasserie pour y chercher des barres de glace pour rafraîchir l’air de la chambre des nouveau-nés. (…)