Chypre fut le seul pays étranger hors Palestine-Phénicie que Jésus adulte visita. Antioche est la ville la plus au nord où Jésus et ses apôtres allèrent. (Lire le tome 5 de Maria Valtorta).
Identification de la ville d’embarquement.
D’après les visions d’Anne-Catherine Emmerich, c’est de la ville de Sidon (Liban) que Jésus embarqua.
Wikipédia : À Sarepta de Sidon (Sarafand, situé à 15 km de Sidon), eut lieu le premier miracle du Christ sur une femme cananéenne (non-juive), dont la fille était mourante.
Dans C. Emmerich, la femme cananéenne est appelée « la Syrophénicienne et sa fille que Jésus avait guérie ».
Indication de Catherine Emmerich qui permet de situer Sidon comme lieu où Jésus a embarqué pour Chypre. Trois lieues est équivalant à 14 km :
« Jésus s’éloigna sans bruit avec ses compagnons, et ils firent environ trois lieues au nord-ouest pour gagner l’endroit qui sert de port à Ornithopolis (près de l’actuel Sarafand) et qui en est assez éloigné.«
Au nord, à environ 13-15 km de la ville de Ornithopolis (Sarafand), se trouve le grand port de la ville de Sidon, lieu de mouillage pour la flotte de guerre romaine.
Chapitre complémentaire : Carte de la Palestine à l’époque de Jésus
Visite au gouverneur de Salamine.
(Wikipédia) Salamine : En 117 ap. J.-C., la répression d’une insurrection juive aboutit à la destruction de la ville. Puis c’est un tremblement de terre vers 340. Refondée par l’empereur Constance II au IVe siècle, sous le nom de Constantia, la ville est définitivement détruite par les Arabes en 647.
Révélations d’Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) Extrait du site : livres-mystiques.com
Les Chypriotes revenant de la fête de Pâques, Jésus avec les siens, et d’autres voyageurs encore, étaient embarqués sur dix galères à voiles. Cinq de ces galères environ remorquaient le bâtiment de transport à l’aide de cordes attachées en avant et sur les côtés. (…)
Les navires arrivèrent vers le soir dans le port de Salamine. Ce port est très spacieux et très sûr les deux rives s’avancent à une grande distance dans la mer. Il est garni de quais en pierre et défendu par des remparts élevés. (…)
Sur ces entrefaites, un païen qui avait l’air d’un soldat ou d’un employé de tribunal, vint trouver les préposés et leur dit que le gouverneur romain de Salamine désirait parler au nouveau docteur et l’engageait à se rendre auprès de lui.
Il dit cela d’un ton assez sévère, comme s’il eût trouvé mauvais qu’ils ne lui eussent pas amené Jésus dès son arrivée. Ils firent prévenir Jésus par ses disciples pendant une pause : il répondit qu’il irait et continua à enseigner.
Lorsqu’il eut fini, il suivit avec ses disciples et les anciens le messager du gouverneur. Ils avaient bien une demi-lieue à faire sur le chemin par où Jésus était venu du port, avant d’arriver à la principale porte de Salamine qui était une grande et belle arcade avec des colonnes.
Sur le chemin, comme ils passaient devant des jardins et de grandes constructions, je vis çà et là des ouvriers païens et d’autres personnes les observer et regarder Jésus : plusieurs toutefois intimidés à son approche se cachaient derrière des buissons et des murs.
Entrés à Salamine, ils marchèrent bien encore une demi-heure et arrivèrent à une grande place. Beaucoup de gens se tenaient çà et là sur les galeries qui environnaient les cours, derrière des grilles et devant les portes. À quelques coins de rue et sous des arcades se tenaient des femmes païennes avec des troupes d’enfants, toujours rangés trois par trois, les uns à la suite des autres. Les femmes couvertes de leurs voiles s’inclinaient devant Jésus : parfois des enfants ou même des femmes s’avançaient et offraient à Jésus ou à ses compagnons de menus présents : c’étaient des paquets d’aromates, des parfums dans de petites boîtes, de petits gâteaux de couleur brune et des figures d’une odeur agréable, représentant des étoiles ou d’autres objets. Ce doit être un usage du pays, une manière respectueuse de souhaiter la bienvenue. Jésus s’arrêtait un instant prés de ces groupes, il les regardait d’un air grave et bienveillant, et les bénissait de la main sans les toucher.
Je vis çà et là des idoles : ce n’étaient pas comme en Grèce et à Rome, de belles figures sans vêtements : elles ressemblaient à celles de Tyr, de Sidon et de Joppé. Je vis des figures dont la partie inférieure était recouverte comme d’ailes ou d’écailles : le milieu du corps était plus mince et entouré d’une ceinture : elles avaient une poitrine de femme, et plus haut des bras et des rayons, ou plusieurs ailes grandes et petites. J’en vis aussi quelques-unes qui étaient emmaillotées comme de petits enfants.
à mesure qu’on avançait dans la ville, un nombre toujours croissant de personnes faisait cortège à Jésus et la foule arrivait de tous les côtés sur la place. Au centre de cette place se trouve une belle fontaine : on y descend par des degrés et l’eau bouillonne dans le milieu du bassin. Il y a au-dessus un toit supporté par des colonnes, et tout autour règnent des galeries ouvertes avec de jolis arbustes et des fleurs. La porte qui conduit à la fontaine est fermée. Ce n’est que par privilège qu’on obtient de son eau, parce qu’elle est la meilleure de la ville et qu’elle passe pour très salubre.
Rencontre avec le gouverneur
Vis-à-vis de cette fontaine s’élève le palais du gouverneur, qui est orné de colonnes Sur une terrasse en saillie, sous un toit soutenu par des colonnes, se tenait le gouverneur romain, assis sur un siège de pierre d’où il voyait venir Jésus. C’était un homme de guerre : il portait un vêtement blanc, avec quelques raies rouges, serré autour de la taille. Son justaucorps descendait jusqu’aux reins et se terminait par des lanières ou des franges. Ses jambes étaient lacées. Il avait en outre un manteau court de couleur rouge et sur la tête un chapeau qui ressemblait un peu à un plat à barbe. Je vis derrière lui quelques soldats romains sur les degrés de la terrasse.
Tous les païens furent surpris des marques de respect qu’il donna à Jésus : car à son arrivée, il descendit au bas de la terrasse, prit la main de Jésus avec une espèce de mouchoir qu’il avait dans la sienne et la pressa avec l’autre main, où était l’autre extrémité du mouchoir. Il fit en même temps une légère inclination, et aussitôt il monta sur la terrasse avec Jésus. Il lui parla de la manière la plus amicale et l’interrogea avec curiosité sur beaucoup de choses. Il lui dit qu’il avait entendu parler de lui comme d’un docteur plein de sagesse, ajoutant que, quant à lui, il était plein de respect pour la loi des Juifs.
Était-il vrai que Jésus fit tous les prodiges que la renommée lui attribuait ?
D’où lui venait ce pouvoir ?
Était-il le consolateur promis, le Messie des Juifs ?
Les Juifs attendaient un roi. Était-il ce roi ?
Avec quelles forces alors voulait-il prendre possession de son royaume ?
Avait-il une armée quelque part ?
Ne venait-il pas dans l’île de Chypre pour recruter des partisans parmi les juifs qui s’y trouvaient ?
Tarderait-il longtemps encore à se montrer dans toute sa puissance ?
Le gouverneur lui fit beaucoup de questions de ce genre avec une gravité bienveillante et avec un respect et une émotion visibles. Jésus répondit toujours en termes vagues, généraux, ce qu’il faisait, du reste, ordinairement avec les magistrats qui l’interrogeaient de la sorte, disant, par exemple : » Vous le dites ; on le croit ; le temps où la promesse doit s’accomplir est proche, les prophètes l’ont dit ainsi « .
A la question touchant son royaume et son armée, il répondit que son royaume n’était pas de ce monde, que les rois de la terre avaient besoin de soldats, mais que lui, il recrutait les âmes pour le royaume du Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Il entremêla ses réponses d’enseignements pleins de profondeur, et ses paroles, comme sa personne, firent une vive impression sur le gouverneur.
Description de la collation.
Cependant, le gouverneur avait ordonné de porter des rafraîchissements près de la fontaine, sur la place, et il invita Jésus et les siens à le suivre jusque-là – ils considérèrent la fontaine et prirent un peu de nourriture : la collation avait été déposée sur un banc de pierre recouvert d’un tapis. Il y avait des écuelles brunes contenant un liquide de même couleur dans lequel ils trempèrent des gâteaux
ils mangèrent aussi des bâtons de la longueur du bras et de deux pouces d’épaisseur : c’étaient, je crois, des conserves ou des fromages ; il y avait aussi des fruits et des pâtisseries en forme d’étoiles ou de fleurs. Il y avait de petites urnes pleines de vin. D’autres urnes, d’une matière veinée de diverses couleurs, ayant la même forme que les urnes de Cana, seulement plus petites, étaient remplies d’eau de la fontaine.
Le gouverneur parla de Pilate, des violences exercées par lui dans le Temple et en général de toute sa conduite avec une désapprobation marquée : il dit aussi quelque chose de la chute de l’aqueduc de Siloé.
Jésus, au bord de la fontaine, eut avec lui un entretien sur l’eau, sur les diverses sources troubles, limpides, amères, salées et douces, sur leur efficacité très différente, sur la manière dont elles étaient maintenues dans des puits ou distribuées dans des canaux, il en vint ensuite à parler de la doctrine des Juifs et de celle des païens, de l’eau du baptême, de la régénération des hommes par la pénitence et la foi, qui devait faire d’eux tous des enfants de Dieu.
Ce fut une instruction merveilleuse, qui avait quelque chose de l’entretien avec la Samaritaine près du puits de Jacob. Ses paroles firent une grande impression sur le gouverneur, qui as ait déjà beaucoup de penchant pour les Juifs.
Après midi, Jésus alla avec ses compagnons dans la maison de l’Essénien, et le gouverneur lui témoigna le désir de l’entendre souvent. Il n’y a pas ici une si grande séparation qu’ailleurs entre les Juifs et les païens : les Juifs les plus intelligents, spécialement les adhérents de Jésus, même en Palestine, acceptaient à manger et à boire de la part des gens de distinction ; seulement, ici comme ailleurs, toujours dans des vases différents. Quand Jésus s’en retourna, beaucoup de païens le saluèrent avec encore plus de déférence, portés à cela par la manière d’agir du gouverneur. (…)
Chapitres complémentaires :
L’époque de Jésus
Le Temple de Jérusalem
Les 12 apôtres
Jésus
