L’histoire de Job

Chapitre complémentaire : Abraham
Carte de la Palestine à l’époque de Jésus

Qui est Job ?

Extrait des visions d’Anne Catherine Emmerich (Allemagne) (1774-1824). Extrait du livre : Les mystères de l’ancienne alliance. Un autre texte où l’on parle de Job

Job était un homme grand et robuste, au teint d’une agréable couleur brun-jaune, avec des cheveux roux : Abraham avait la carnation bien plus claire, mais les habitants d’Égypte étaient, eux, tout à fait bruns de peau.

Le père de Job, un grand chef de tribu, était frère de Phaleg, le fils d’Héber. Peu avant sa naissance eut lieu l’arrêt de la construction de la tour à Babylone. Il avait treize fils, dont Job était le plus jeune, et habitait au sud de la mer Noire, dans une région montagneuse où l’un des versants est chaud, l’autre froid et couvert de glaces. (…) j’ai vu également comment la Tour se présentait encore à l’époque de Job.

Job est un ancêtre d’Abraham, dont la mère était une arrière-petite-fille de Job, qui se maria dans la famille d’Héber. Job peut avoir encore été en vie au moment de la naissance d’Abraham. Il a séjourné en divers lieux et connu ses malheurs en trois endroits différents.
La première fois, il eut neuf ans de paix, ensuite sept ans et finalement douze, et à chaque fois les malheurs le frappèrent dans un endroit différent. Jamais il ne fut touché au point de n’avoir plus rien il était simplement très pauvre par rapport à sa situation Précédente, payant ses dettes avec ce qui lui restait.

Job quitte sa famille

Job ne put demeurer dans la maison de ses parents, car il avait une tout autre mentalité qu’eux. Il priait le Dieu unique dans la nature, le contemplant dans les étoiles et les phases du jour il parlait sans cesse des œuvres merveilleuses de Dieu et observait un culte pur.

Il émigra avec les siens au nord du Caucase. Il y avait là une contrée même et beaucoup de tourbières, et je crois que maintenant y vit un peuple au nez aplati, aux pommettes saillantes et aux petits yeux. C’est là que Job entreprit d’abord tout, et tout lui réussit. Il regroupa toutes sortes de pauvres gens abandonnés qui vivaient parmi les broussailles et dans les grottes, n’ayant pour subsister autre chose que des oiseaux et d’autres animaux qu’ils capturaient et dont ils mangeaient la chair crue, jusqu’à ce que Job leur eût appris à l’apprêter.

Avec eux, il cultiva la terre, et eux-mêmes défrichèrent tout. Job et ses gens étaient alors légèrement vêtus. Ils habitaient sous des tentes. Job avait déjà là des troupeaux, bientôt nombreux, parmi lesquels des ânes au pelage rayé et d’autres animaux tachetés.
Il fut père de trois garçons, puis de trois filles, nés ensemble les deux fois. Il n’avait pas bâti de ville en cet endroit, mais vivait en transhumant sur ses terres qui composaient une propriété que l’on parcourait en sept heures. En cette région, ils ne cultivaient pas de céréales, mais une sorte de gros roseau qui pouvait aussi bien croître dans l’eau et renfermait une moelle qu’ils mangeaient pilée ou parfois rôtie. À l’origine, ils séchaient la viande dans des poteries exposées au soleil, jusqu’à ce que Job leur eût appris à la cuire. Ils cultivaient également de nombreuses espèces de courges dont ils se nourrissaient.

Job était pour tout ce pauvre peuple d’une douceur, d’une bonté, d’une générosité, d’une équité et d’une droiture indescriptibles. Il était également fort chaste, et vivait dans l’intimité de Dieu, qui souvent se manifestait à lui sous l’aspect d’un ange ou « homme blanc  » comme ils le nommaient. Ces apparitions angéliques étaient semblables à des adolescents lumineux mais imberbes. Ils portaient de longs vêtements blancs aux nombreux plis ou rayures verticales on ne pouvait faire la distinction. Ils avaient des ceintures et acceptaient de manger et de boire.

Au cours de ses souffrances, Job fut consolé par Dieu au moyen de semblables apparitions dont les avis étaient pris en considération bien plus que ceux des amis, neveux et parents. Il ne vénérait aucune idole, contrairement aux autres habitants de la région qui se taillaient toutes sortes de figures d’animaux et les adoraient. Il s’était néanmoins sculpté une effigie du Dieu tout-puissant selon son idée : c’était l’image d’un enfant à la tête entourée de rayons qui tenait ses mains l’une sous l’autre et portait une boule sur laquelle étaient représentées des vagues et une embarcation. Je pense que cela devait figurer le Déluge dont Job parlait souvent avec ses deux serviteurs les plus intimes, ainsi que de la sagesse et de la miséricorde de Dieu. Cette sculpture était aussi brillante que du métal, et il pouvait l’emporter partout avec lui. Il priait et faisait devant elle des offrandes de blé, et la fumée s’élevait vers le ciel comme à travers un crible.

Premier malheur.

C’est en ce pays que Job connut son premier malheur. Il y eut toujours des critiques et des querelles après chaque revers, car il était entouré de nombreuses tribus malveillantes, et il se retira par la suite plus haut dans les monts du Caucase, où il recommença tout à partir de rien, et où tout lui réussit. C’est là que lui et ses gens commencèrent à se vêtir davantage, et bientôt ils connurent une existence bien plus agréable.

Job en Égypte.

De ce second établissement, Job vint se fixer avec une grande suite en Égypte, où des rois nomades étrangers, originaires du pays de Job, régnaient, en ce temps-là, sur une partie du territoire. Par la suite, ils furent repoussés par un roi d’Égypte. Job devait conduire en Égypte la fiancée du fils d’un de ces rois nomades qui lui était apparentée. Il emporta de riches présents et avait avec lui au moins trente chameaux et de nombreux serviteurs.

Lorsque je l’ai vu là en Égypte. Job était un homme grand et robuste, au teint d’une agréable couleur brun-jaune, avec des cheveux roux : Abraham avait la carnation bien plus claire mais les habitants d’Égypte étaient, eux, tout à fait bruns de peau.

Job s’était rendu en Égypte à contrecœur, et je vis qu’il regardait avec nostalgie vers l’orient, vers sa patrie, qui était plus au sud que la contrée reculée d’où vinrent les trois rois (mages). Je l’entendis confier à ses serviteurs qu’il préférait vivre avec les bêtes sauvages plutôt qu’avec ces hommes, ici en Égypte. Car il était très troublé par les effroyables cultes idolâtres qui s’y pratiquaient. Ils sacrifiaient des enfants vivants à une horrible divinité à tête de bœuf redressée avec une gueule grande ouverte ils déposaient les enfants vivants sur les bras de l’idole chauffés à blanc.

Le roi nomade, pour le fils duquel Job avait conduit la fiancée en Égypte, désirait le retenir et lui attribua comme résidence la ville de Matarea. Cet endroit était alors complètement différent de ce qu’il fut par la suite, quand la Sainte Famille y fit étape mais je vis que Job habitait à la même place que la Sainte Famille ultérieurement, et que Dieu lui montra déjà la fontaine de Marie. Lorsque Marie découvrit cette fontaine, elle était simplement enfouie, mais le fond en était déjà aménagé et maçonné. Job utilisa également le rocher près de la fontaine pour son culte. Par la prière, il débarrassa la région et les alentours de bêtes sauvages et venimeuses. Il eut là des visions sur le salut de l’humanité et aussi sur les épreuves qui l’attendaient encore. Il agit avec zèle contre les mœurs scandaleuses du peuple égyptien et les sacrifices humains, et je crois qu’ils furent abandonnés.

Le second et troisième malheur.

Lorsqu’il fut de retour dans son pays, le second malheur s’abattit sur lui. Et lorsque le troisième arriva. il vivait plus au sud, droit à l’est de Jéricho. Je crois que cette contrée lui avait été donnée après le second malheur, parce qu’on l’aimait et le vénérait beaucoup partout, pour sa grande droiture, sa crainte de Dieu et sa sagesse. Là aussi il avait tout entrepris de nouveau, dans une région très plate. Sur une hauteur fertile toutes sortes d’animaux majestueux s’ébattaient. en liberté, même des chameaux, et on les capturait là, comme on capture chez nous les chevaux sauvages sur la lande.

Job cultiva cette hauteur, devint très riche et bâtit une ville, tant il accrut ses biens La ville était assise sur des fondations de pierre, avec des toitures de toile et lorsqu’il fut de nouveau au sommet de la prospérité, le troisième malheur le frappa, qui le rendit ci horriblement malade.
Lorsqu’il eut surmonté également cette épreuve avec sagesse et patience, il recouvra une santé florissante et eut de nouveau de nombreux fils et de nombreuses filles. Je crois qu’il mourut très âgé, à l’époque où un autre peuple s’implantait dans la région.

Mème si l’histoire est racontée de tout autre façon dans le Livre de Job. on y retrouve cependant encore beaucoup de discours réels de Job, et je pense que je serais capable de les discerner.
Dans l’histoire des serviteurs, lorsque ceux-ci accourent si rapidement l’un après l’autre, il faut remarquer que les mots : « et alors qu’il en parlait encore » signifient : et alors que le souvenir des malheurs précédents ne s’était encore effacé de la mémoire des hommes.

Satan se rendant auprès de Dieu avec les enfants de Dieu pour se plaindre de Job est un épisode exprimé également en raccourci. Il y avait en ce temps-là beaucoup de relations entre les hommes idolâtres et les mauvais esprits, qui leur apparaissaient simplement cous l’aspect d’anges.
C’est ainsi que les mauvais voisins furent dressés contre Job et qu’ils le calomnièrent. Ils disaient que Job ne servait pas Dieu avec rectitude, que tout lui souriait et que c’était bien facile pour lui d’être bon. Alors Dieu a voulu montrer que les souffrances ne sont souvent qu’une épreuve.
Job attendait avec ardeur le Rédempteur, et il fut inséré dans la race de David, se rattachant à Abraham par la mère d’Abraham qui était une de ses descendantes, comme les ancêtres d’Anne se rattachent à Marie.

La transmission du récit

Son histoire et ses dialogues avec Dieu furent recueillis de sa propre bouche, comme il les raconta, et mis par écrit par ses deux plus fidèles serviteurs qui étaient comme des gérants. Ces deux serviteurs se nommaient Hai et Uis, ou Ois. Ils écrivirent sur des rouleaux.
L’écrivain entendit dire, en 1835, que le père de la race arménienne s’appelait ainsi.

Cette compilation fut conservée religieusement par ses descendants se transmettant de génération en génération, jusqu’à Abraham même dans l’école de Rébecca. Les filles de Canaan furent éduquées à partir de ces textes, au sujet de la soumission dans les épreuves.

C’est ainsi que ce récit parvint, par Jacob et Joseph, jusqu’aux enfants d’Israël, en Égypte. Moise le recueillit et le modifia à l’usage des Israélites, au temps où ils étaient soumis à l’esclavage en Égypte, puis pour leurs épreuves dans le désert. La relation originale était bien plus longue, il s’y trouvait beaucoup de détails qu’ils n’auraient pas compris et qui ne leur eussent été d’aucune utilité.

Salomon cependant modifia de nouveau entièrement ce texte, en retira beaucoup d’éléments et y ajouta du sien, si bien que cette histoire réelle fut transformée en un livre d’édification, rempli de la sagesse de Job, de Moïse et de Salomon, et on ne pouvait que difficilement y retrouver le récit original de Job, et comme les faits furent, de plus, transposés dans le pays de Canaan, avec des noms populaires, on a cru que Job était un Édomite.

En Égypte, on voyait voler des bêtes noires dont il semblait sortir du feu.

Les gens de ce pays étaient très cruels ; la contrée était pleine d’affreux animaux. On voyait voler en grandes troupes des bêtes noires dont il semblait sortir du feu. Elles empoisonnaient tout, et les arbres sur lesquels elles s’étaient posées se desséchaient. Je vis aussi des animaux qui avaient les pattes de derrière très longues et celles de devant plus courtes, comme les taupes ; ils pouvaient sauter d’un toit sur un autre. Il y avait aussi d’horribles bêtes qui se glissaient entre les pierres et dans trous ; elles enlaçaient les hommes et les étouffaient.

Dans le Nil, je vis un énorme animal avec d’affreuses dents et de gros pieds noirs ; il était de la taille d’un cheval, et avait aussi quelque chose du cochon (hippopotame ?). Je vis encore d’autres affreux animaux Mais le peuple était encore plus abominable, et Job, que j’avais vu délivrer son pays des bêtes malfaisantes par ses prières, avait une telle aversion pour ces hommes impies, qu’il éclatait souvent en plaintes contre ceux qui l’accompagnaient ; il aimait mieux vivre avec ces méchants animaux qu’avec les habitants du pays.