Son chez-soi au Paradis

Dans ce chapitre qui regroupe des messages du livre Mémoires du Ciel, j’ai rassemblé les textes où l’on parle du fait que l’on se crée soi-même son Paradis.

Message du Ciel de Thomas Merton (1915-1968), donné par voie surnaturelle à Giuliana Buttini (1921-2003) le 15 février 1986.
Extrait du livre : Mémoires du Ciel – Lettres d’amour universel de Thomas Merton (Éd. du Parvis)

Le paradis que mon père s’est choisi est un monde de vallées, de prairies, de petites maisons et châteaux au toit pointu.

4 mars 1986

(…) Et Mickaël avec son épée toujours prêt à combattre le mal… Et les anges rebelles ? Le Mal ? Il est permis par Lui, mais ne peut venir de Lui. Il est épreuve pour les hommes et il vient par les mauvaises pensées, il est le péché. Le mal existe, car la liberté existe. L’homme sait, et est libre de choisir le bien. Les anges du mal agissent dans l’humanité, mais, nous le savons, et cela nous réconforte, ils ne vaincront pas.

Revenons sur le plus haut sommet. Des musiques merveilleuses résonnent. Verrières colorées, visages aimés, pour moi, le paradis est aussi cela. Le paradis que mon père, homme très juste et honnête, s’est choisi est un monde de vallées, de prairies, de petites maisons et châteaux au toit pointu. Le paradis de mon père ressemble à la Provence.

Toi, quel paradis choisiras-tu ? Certainement, nous le choisissons déjà sur terre. Notre paradis est aussi chacun de nos désirs réalisés. Si tu es avec moi sur le plus haut sommet, ton paradis rêvé est la compagnie de ton fils, au temps de sa jeunesse. Le plus haut sommet : vivre dans l’amour et y demeurer.

Qu’advient-il à celui qui n’a pas la foi, et donc n’arrivera pas au sommet ? Si c’est un choix personnel, il ne pourra pas réaliser ses désirs.

Je me suis créé un paysage. Une maison avec d’anciennes verrières, un fleuve silencieux. (…) Je me suis aussi créé un jardin avec vue sur la mer. J’ai créé cette mer.

5 mars 1986

Cette voix parle, mais tous ne peuvent pas l’entendre ou ne le veulent pas. Pourtant, on peut l’entendre dans le silence et le vacarme. Elle vient de l’âme, elle est dans l’âme. Au paradis, nous voyons le Christ et nous l’écoutons. Ceux qui sont sur terre ne peuvent imaginer le paradis. Pour nous, il est réalisation de tout ce que nous avons rêvé, désiré et aimé. La ressemblance de l’homme avec Dieu qui l’a créé à son image, le rend créatif. Sur terre, l’homme crée ses actions, au paradis, il crée son monde.

Sur terre, sa pensée est enfermée dans la matière. Pensée-âme limitée aux actions d’ordre matériel, elle crée gestes et actes. Mais libre, elle a bien plus de pouvoirs créatifs. Je me suis créé un paysage. Une maison avec d’anciennes verrières, un fleuve silencieux. La pensée-âme s’exprime totalement quand elle est libre.

Elle crée, donne formes et couleurs, plasticité à ce qui vient des sentiments. Le paradis comporte des mondes de perfection. Alors les hommes créent la beauté qui n’est pas incréée, car Dieu seul est créateur de l’incréé. Cependant il a toujours été dans sa pensée, dans son éternité, et au fur et à mesure, la beauté est réalisée par les créatures. Beauté du paradis ! Nous pouvons toujours entendre cette voix. Cette lumière nous enveloppe, nous donne des sensations de bonheur, de paix, d’émerveillement que vous ne pouvez imaginer.

Je me suis aussi créé un jardin avec vue sur la mer. J’ai créé cette mer. Pour un instant, je te porte dans ce jardin et te fais goûter ce bonheur. Sur terre, j’aimais écrire. À présent, je le fais encore. J’ai laissé des phrases incomplètes, maintenant, je peux les achever. J’ai parlé de cette montagne ; je vais vous en décrire les escarpements.

J’ai été homme et le suis ; mes paroles sont humaines, même si je vis sur le sommet ; nous restons nous-mêmes avec notre personnalité, améliorée et sublimée.

6 mars 1986

(…) Le paradis, une autre de ses créations-récompense, est encore plus beau. Les anges ont un langage mieux adapté pour l’expliquer, en partie, il est vrai. J’ai été homme et le suis ; mes paroles sont humaines, même si je vis sur le sommet ; nous restons nous-mêmes avec notre personnalité, améliorée et sublimée, bien sûr. Nous sommes arrivés au but ! Le sommet, le paradis, revoir nos bien-aimés.…

Mon frère Jean-Paul, souriant et très beau, est venu à ma rencontre, ensuite les autres. Il a été le seul baptisé de ma famille ; il a eu le privilège de venir tout de suite vers moi.

Son paradis s’est réalisé. Avec ma mère, il vit dans sa nouvelle Provence et ils peignent encore.

7 mars 1986

Celui qui est né dans la foi catholique, souvent n’a pas conscience de la grâce d’appartenir à cette religion. Beaucoup la mettent sur le même plan que les autres confessions religieuses. Certes, celui qui a le cœur pur sera sauvé, mais le catholique, s’il le veut, vit déjà sur terre un peu dans l’éternité et y pénètre par l’Eucharistie. (…)

Quand, à l’improviste, j’ai quitté la terre, je me suis trouvé dans une dimension inexplicable ; était-ce un « rêve ? » Jean-Paul est venu à ma rencontre et m’a accompagné, avec mon ange gardien, en présence du Christ pour la dernière confession. Il m’a expliqué qu’il pouvait venir à ma rencontre, parce que, par grâce, il avait été baptisé dans les derniers temps de sa vie terrestre.
La dernière fois que je l’ai vu, j’ai ressenti que je ne le reverrai plus sur terre. Je savais, par la foi, que je le retrouverais. Pourtant, un instant, j’ai été stupéfait, puis je me suis rendu compte que j’avais changé de manière de vivre.

Dieu aime tout le monde. Le non-catholique n’est pas coupable, à la différence de celui qui ne l’est que de nom. (…)  Nous sommes tous enfants de Dieu, seuls les baptisés sont fils de l’Église catholique.

Mon père, un juste qui a souffert, vit son rêve, et son paradis s’est réalisé. Avec ma mère, il vit dans sa nouvelle Provence et ils peignent encore. Les rêves réalisés ! J’ai retrouvé tous les miens, hommes bons. La bonté sublime, mais la vraie religion laisse les signes des sacrements dans l’âme.

Comment voudrais-tu ton paradis ? Avec beaucoup de fleurs, avec tes bien-aimés et la mer… Le paradis de Jean-Paul est très varié, comme son imagination.

8 mars 1996

Par les enseignements célestes, vous connaissez des choses que vous gardez dans votre cœur pour les donner à qui en a besoin. La connaissance, un autre don de Dieu ! Ton charisme est très rare et marqué du cachet de la douleur absolue.

Comment voudrais-tu ton paradis ? Avec beaucoup de fleurs, avec tes bien-aimés et la mer… Le paradis de Jean-Paul est très varié comme son imagination. M’entretenir avec toi, est aussi mon paradis, grand don que Dieu me fait et à tous ceux qui entendront ces paroles.

Pour nous reconnaître, nous, hommes de condition céleste, nous nous voyons tels que nous nous connaissions pendant la vie terrestre.

10 mars 1986

Je ne peux vous expliquer l’éternité. Les anges, mieux que moi, peuvent vous en donner une idée. Les anges ont-ils ou non un visage et des ailes? Très purs esprits, ils n’ont rien de matériel. Ils s’immergent dans la matière pour la garder et la protéger, vivent avec l’humanité pour l’aider et l’inspirer.

Très purs esprits, sans visage ni ailes ? Non ! Même ce qui est esprit et d’esprit a un visage spirituel, non de chair. L’esprit aussi a forme et plasticité. Il a des yeux qui voient, des oreilles qui entendent, une infinité de sens et de possibilités, puisque ce qui est d’esprit vit dans le monde spirituel. Et qui vit a des yeux, des oreilles, des sens, car vivre c’est aussi voir, entendre, toucher, sentir.

Pour nous reconnaître, nous, hommes de condition céleste, nous nous voyons tels que nous nous connaissions pendant la vie terrestre. Si la pensée de Dieu est la plus élevée, si en Dieu la vie continue, notre existence reste vraie vie. L’homme avec un corps matériel vit dans la matière. Dans le monde spirituel, il vit d’esprit, mais d’une vie plus intense. Ses sens, ses sensations, ses possibilités de créer sont plus nombreux ; ses pensées prennent des formes, sa vision est totale et sa liberté est dans le non-espace.