Le jugement des âmes

L’âme n’est pas jugée aussitôt : elle reste devant Dieu qu’elle adore, et dont elle médite la profondeur des bontés. La cour céleste, tout entière, l’entoure et acclame sa présence.

Révélations de le stigmatisée Marie-Julie Jahenny (1850-1941)

(…) En sortant du monde, l’âme n’emporte rien de la fibre mortelle qui l’attachait au corps. L’âme se repose avant de paraître au jugement du Seigneur ; elle se repose sur ces deux paroles : amour et miséricorde. Dans la première parole, elle voit, de son œil devenu éternel, toute l’étendue des biens que le Seigneur lui a donnés ; elle voit tout l’amour qui a fait que Jésus s’est livré pour elle.

Dans la seconde parole, celle de miséricorde, l’âme voit combien de fois sa clémence l’a relevée et rappelée dans sa grâce. Ces deux paroles enlèvent toute frayeur dans l’âme arrivée près de son Juge Éternel.

L’âme n’est pas jugée aussitôt : elle reste devant Dieu qu’elle adore, et dont elle médite la profondeur des bontés. La cour céleste, tout entière, l’entoure et acclame sa présence. La voix du Seigneur lui dit : «Âme immortelle, approche avec amour». L’âme s’approche de son Créateur, et le Seigneur la fait passer dans la balancé de droite. L’âme reçoit sa part de récompense.

Un peu à l’écart se tient une troupe nombreuse, celle des sujets de l’Enfer et des élus du Paradis. Alors qu’avant le jugement il se faisait grand bruit du côté de l’Enfer, au moment de la sentence, les damnés écoutent en silence et avec anxiété : ils deviennent calmes et muets.Dès la proclamation que l’âme est destinée au ciel, la cour éternelle se prosterne en louanges aux pieds du Souverain Juge.

Ces louanges embaument aussi l’âme, et la font participer, déjà, au bonheur éternel. Tous les démons poussent des vociférations ardentes ; ils se précipitent les uns sur les autres et s’accusent mutuellement de n’avoir pas fait d’efforts pour plonger cette âme dans leurs abîmes.

Ils retournent vers l’enfer, où ils vont prendre une horrible revanche sur les malheureux qui brûlent dans leurs supplices. Quand une âme va au ciel, les damnés, en enfer, peuvent s’attendre à recevoir, au retour de la troupe infernale, de grandes tortures. Leurs plaintes ne sont, à l’avance, que la réalité des supplices qu’ils savent devoir éprouver de la part de ces monstres qui reviennent les mains vides.

Voilà ce que je vois dans la lumière. Le bonheur éternel fait palpiter notre âme d’amour. La beauté du ciel fait envisager toutes les peines de la terre, sans qu’on se plaigne, sans que l’on en souffre : c’est le commencement du vrai bonheur. (…)