Adam et Eve

SOMMAIRE

La Création et La chute des anges
La création de la terre
La création Adam et Eve
L’Arbre de la Vie et l’Arbre de la Connaissance
Le Péché originel
La tentation – Description de la Bête
Le fruit défendu
La promesse du Salut
L’exclusion du Paradis
La famille d’Adam

Le tombeau d’Adam
Le tombeau d’Eve (photo)

Les premiers hommes et le Déluge (Sainte Hildegarde de Bingen, 1098-1179)

Extrait des révélations d’Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) – Les mystères de l’Ancienne Alliance – LIBRAIRIE PIERRE TÉQUI – 82, Rue Bonaparte, 75006 PARIS

La Création – La chute des anges

Je vis d’abord apparaître devant moi un espace de lumière infini, et, très haut dans cet espace, comme un globe lumineux semblable à un soleil je sentis que dans ce globe se trouvait l’unité des trois divines Personnes. En mon for intérieur, je nommai ceci le Consentement (divin) et j’en vis procéder comme une Opération : alors furent appelés à l’existence les Choeurs d’Esprits, infiniment éclatants, et puissants, et beaux, qui apparaissaient sous le globe lumineux comme des anneaux, des cercles concentriques brillants.

Ce monde de lumière se tenait au-dessous du soleil supérieur comme un autre soleil. D’abord, ces Chœurs évoluèrent tous, comme animés par l’amour issu du divin soleil

Soudain, je vis une partie de tous les Chœurs se fixer en eux-mèmes, abîmés en leur propre beauté.

Ces Esprits ressentaient un plaisir propre, ils voyaient toute beauté en eux-mèmes ; ils se tournaient sur eux-mèmes, se complaisaient en eux-mèmes.

Au commencement, tous les Esprits étaient tirés d’eux-mèmes par un mouvement supérieur à eux maintenant, une partie d’entre eux se fixaient en eux-mèmes, immobiles.

Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, tandis que les autres Esprits s’écartaient d’eux et évoluaient de façon à combler leurs rangs, qui étaient plus petits.

Mais je ne vis pas ceci comme s’ils les pourchassaient en sortant du cadre de la vision : tandis que les premiers s’immobilisaient et tombaient, les autres, toujours en mouvement, occupaient leurs rangs, et tout ceci était une même chose.

Lorsque ces Esprits furent précipités vers l’abîme, je vis apparaître, en bas, un disque de ténèbres qui me sembla devoir constituer leur séjour, et je compris que leur chute était irrémissible.

Mais l’espace qu’ils occupaient à présent en bas était bien plus restreint que celui qu’ils avaient eu en partage en haut, si bien qu’ils m’apparaissaient étroitement serrés les uns contre les autres.

Depuis que, petite enfant, j’avais vu cette chute des Esprits, j’étais effrayée jour et nuit par leur action, et je me disais qu’ils devaient faire beaucoup de mal à la terre : ils sont toujours autour d’elle il est heureux qu’ils n’aient pas de corps, sinon ils obscurciraient le soleil et on les verrait planer devant lui comme des nuées ce serait épouvantable.

Aussitôt après la chute, je vis les Esprits des cercles lumineux s’humilier devant le globe de la Divinité et demander avec soumission que ce qui était tombé fût de nouveau rétabli.

Alors je vis un mouvement et une opération dans le globe de la lumière divine, qui était resté jusque-là immobile et qui avait, à ce que je compris, attendu cette requête.

Après cette démarche des Chœurs angéliques, je compris intérieurement qu’ils devaient désormais rester préservés de toute chute.

J’eus cependant connaissance de ceci, qui est la déclaration de Dieu et son jugement éternel : tant que les Chœurs déchus ne seront pas rétablis quant au nombre, il y aura un combat.

Et je vis cette durée infiniment longue pour mon âme, comme impossible

Ce Combat aura lieu cependant sur la terre, car il ne peut plus y avoir de lutte en haut, décréta Dieu.

Après cette transformation intérieure, je n’ai plus été capable d’avoir la moindre pitié pour le diable car je l’ai vu se précipiter avec violence dans l’abîme, dans le libre exercice de sa volonté mauvaise

Et je n’ai plus été aussi fâchée contre Adam, j’ai toujours pensé qu’il avait été prédestiné.

La création de la terre

Juste après la requête des anges restés fidèles et après le mouvement dans la Divinité, je vis apparaître une sphère sombre a côté du disque de ténèbres qui avait pris naissance en bas cette sphère était à la droite du disque, à une faible distance.

Alors je posai mon regard plus attentivement sur cette sphère sombre à droite du disque de ténèbres, et j’y vis un mouvement, comme si elle devenait de plus en plus grosse je vis des points lumineux jaillir de la masse, la recouvrir comme de rubans clairs et déborder ça et là en larges taches claires et en même temps, Je vis le profil de la terre qui surgissait de l’eau et s’en séparait.

Puis je vis un mouvement dans les endroits découverts, comme si quelque chose y prenait vie. Et je vis de la végétation croître sur la terre ferme, et un fourmillement de vie parmi les plantes. déjà des mon enfance, je pensais que les plantes étaient animées.

Jusque-là , tout avait été gris, puis tout devint clair, et Je vis comme un lever de soleil. C’était comme le petit matin sur la terre, lorsque tout sort du sommeil. Tout le reste de la vision disparut alors. Le ciel était bleu, le soleil y commençait sa course Je vis seulement une partie de la terre éclairée et illuminée par le soleil, spectacle si beau et si ravissant que je pensai que ce fût le paradis.

Et je voyais tout ceci, toutes ces transformations sur la sphère sombre, comme un jaillissement du globe tout-puissant de la Divinité Lorsque le soleil monta, tout fut comme au matin, au réveil : mais là , c’était le premier matin, et pourtant aucune créature ne le savait : elles étaient là comme si elles avaient toujours été là , elles étaient dans l’innocence.

Tandis que le soleil montait, je voyais les arbres et les plantes devenus plus grands et croissant toujours plus. L’eau était plus limpide et plus sainte, toutes les couleurs étaient plus pures et plus vives, tout était indiciblement agréable il n’y avait pas non plus trace de ce que les créatures sont maintenant.

Toutes les plantes, toutes les fleurs, tous les arbres avaient d’autres formes maintenant tout parait aride et rabougri en comparaison, maintenant tout est comme dégénéré.

Souvent, lorsque je comparais les plantes ou les fruits de notre jardin à ceux du sud, qui sont tout différents, plus grands, nobles, plus savoureux, comme par exemple les abricots, je pensais : ce que sont nos fruits par rapport aux fruits tropicaux, les fruits tropicaux le sont, et encore de bien plus loin, par rapport aux fruits du paradis.

J’y ai vu des roses, blanches et rouges, et je pensai qu’elles signifiaient les souffrances du Christ et la Rédemption. J’ai vu des palmiers aussi, et de grands arbres au large feuillage, qui donnaient une ombre très étendue, comme un toit.

Dès que je vis le soleil, tout était petit sur la terre, puis tout grandit et devint finalement immense.

Les arbres ne poussaient pas serrés les uns contre les autres. Je vis seulement une plante de chaque espèce, pour les grandes du moins, comme lorsqu’on expose seulement un spécimen dans les parterres

Du reste, tout était verdoyant et d’une pureté, d’une intégrité et d’une perfection que ne rappellent en rien les aménagements et les nettoyages effectués par les hommes

Je pensais encore combien tout était beau, tant que l’homme n’était pas là !

il n’y a pas de péché, pas de destruction, pas de déchirement. Ici, tout est intègre et saint ici, rien n’a été soigné et guéri ici, tout est pur, rien n’a eu besoin de purification.

L’étendue que je voyais était douce et vallonnée, et toute recouverte de végétation mais au milieu il y avait une source, d’où s’écoulaient de tous côtés des ruisseaux, qui se jetaient parfois les uns dans les autres.

Je vis d’abord du mouvement dans ces eaux, et remarquai des animaux vivants puis ensuite je vis les animaux ça et la, parmi les buissons et les fourrés, comme sortant du sommeil et regardant ça et là autour d’eux ils n’étaient pas craintifs, et tout différents de ce qu’ils sont maintenant par rapport aux animaux actuels, ils étaient aussi parfaits que des hommes ils étaient purs, nobles, rapides, attachants et doux.

Il est impossible de l’expliquer. La plupart de ces animaux m’étaient inconnus. Je n’en vis vraiment aucun comme maintenant.

J’ai vu l’éléphant, le cerf, le chameau, et particulièrement le rhinocéros, que j’ai vu aussi dans l’Arche, où il était remarquablement attachant et doux

il était plus trapu qu’un cheval et avait une tête ronde Je n’ai pas vu de singe, pas d’insectes. ni aucune de ces misérables bêtes hideuses j’ai toujours pensé que c’étaient là des punitions du péché. J’ai vu de nombreux oiseaux, et j’entendais leurs chants merveilleux, comme au matin mais Je n’ai entendu aucun rugissement, je n’ai vu aucun oiseau de proie.

Le Paradis existe toujours, mais il est absolument impossible aux hommes d’y accéder. Je l’ai vu, qui subsiste toujours dans toute sa splendeur, très haut, séparé en biais de la terre, comme le disque de ténèbres des anges déchus fut détaché du ciel.

Adam et Eve

J’ai vu qu’Adam fut crée non pas au Paradis, mais à l’emplacement où devait par la suite s’élever Jérusalem.

Je l’ai vu sortir, éclatant et blanc, d’une colline de terre jaune, comme d’un moule.

Le soleil brillait, et je pensais, car j’étais alors une enfant, que le jour avait fait sortir Adam de la colline. Il était comme né de la terre, qui était vierge : Dieu la bénit et elle devint sa mère Il ne sortit pas soudain de la terre, il y eut un instant jusqu’au moment où il parut.

Il était dans la colline, allongé sur le côté gauche, le bras replié sur la tête, et une légère nuée le recouvrait comme d’une gaze je vis une forme dans son côté droit et compris que c’était Eve, qui fut tirée de lui par Dieu, au Paradis.

Dieu l’appela, et ce fut comme si la colline s’ouvrait, et Adam en sortit peu à peu.

Là , il n’y avait pas d’arbre, simplement des petites fleurs. J’avais vu également les animaux sortir chacun de la terre, un par espèce, et les femelles s’en détacher.

J’ai vu Adam emporté au loin, dans un jardin situé très haut, le Paradis. Dieu conduisit les animaux devant Adam, au Paradis, et Adam leur donna un nom et ils le suivirent et ils jouaient autour de lui. Tout lui était soumis avant le péché Eve n’avait pas encore été tirée de lui. Tous les animaux auxquels il avait donné un nom le suivirent plus tard sur la terre.

Je vis Adam dans le Paradis, non loin de la source au milieu du jardin il semblait sortir du sommeil, parmi les fleurs et les plantes Il était auréolé d’une lueur blanche, mais son corps était plus proche de la chair que de l’esprit. Il ne s’étonnait de rien, ni de soi-mème, et se promenait parmi les arbres et les animaux, comme s’il était habitué à tout, comme quelqu’un qui inspecte ses champs.

Je vis Adam près d’une colline, allongé près de l’eau sous un arbre, le bras gauche replié sous la joue Dieu fit tomber le sommeil sur lui et, souriant très doucement, Adam fut ravi en extase.

Alors Dieu tira Eve du côté droit d’Adam, à l’en droit où Jésus fut plus tard percé par la lance.

Je vis Eve fine et petite elle devint rapidement plus grande, jusqu’à atteindre sa taille définitive et être parfaitement belle.

Sans le péché originel, tous les hommes seraient ainsi nés au cours d’un doux sommeil

La colline se fendit en deux et je vis apparaître, du côté d’Adam, un roc comme composé de cristaux de pierres précieuses, et du côté d’Eve une vallée toute blanche, comme recouverte de petits fruits blancs et fins comme du froment.

Lorsqu’Eve eut été formée, je vis que Dieu donnait ou plutôt répandait, quelque chose sur Adam.

C’était comme si, du front, de la bouche, de la poitrine et des mains de Dieu, qui apparaissait sous figure humaine, s’écoulaient des flots de lumière qui se réunissaient en un globe éclatant : ce globe entra dans le côté droit d’Adam, d’où Eve avait été tirée.

Adam seul reçut ceci : c’était le germe de la bénédiction de Dieu. Dans cette bénédiction était une trinité.

La bénédiction qu’Abraham reçut de l’ange était identique, apparaissant sous la même forme, mais pas aussi lumineuse.

Eve se tenait radieuse devant Adam, et Adam lui tendit la main. Ils étaient comme deux enfants, indiciblement beaux et nobles. Ils étaient tout brillants, revêtus de rayons comme d’une gaze.

Je voyais un large flot de lumière sortir de la bouche d’Adam, et sur son front comme une auréole de majesté. Autour de sa bouche hait un soleil de rayons, qu’il n’y avait pas chez Eve.

Je vis leur coeur, exactement comme celui des hommes maintenant, mais des rayons enveloppaient leurs poitrines, et au milieu du coeur de chacun, je voyais une auréole brillante, dans laquelle se tenait une petite figure qui semblait serrer quelque chose dans la main je pense que cela représentait la troisième Personne de la Divinité.

De leurs mains et de leurs pieds aussi je vis jaillir des rayons lumineux.

Leurs cheveux retombaient de la tête en cinq mèches lumineuses, deux à partir des tempes, deux derrière les oreilles et une de l’arrière de la tête.

J’ai toujours eu le sentiment que les portes du corps humain avaient été ouvertes par les Plaies de Jésus, qu’elles avaient été refermées par le péché originel et que Longin avait ouvert au côté de Jésus la Porte de la nouvelle naissance à la vie éternelle.

J’ai vu les mèches lumineuses, rayons sur la tête d’Adam, comme sa plénitude, son auréole, l’achèvement des autres rayonnements et cette auréole retrouve sa place sur les âmes et les corps glorieux.

Nos cheveux sont cette gloire déchue, éteinte, obscurcie, et la comparaison entre notre chair actuelle et celle d’Adam avant la chute est du même ordre que celle de nos cheveux avec les rayons qui couronnaient Adam.

Adam tendit la main à Eve ils quitèent le lieu de la création d’Eve pour se promener dans le Paradis, contemplant tout avec bonheur.

Ce lieu de la création d’Eve était le plus élevé du Paradis, tout y était splendeur et lumière, plus que partout ailleurs.

L’Arbre de la Vie et l’Arbre de la Connaissance

Au milieu du jardin lumineux, je vis une étendue d’eau avec une île qui était reliée à la berge par un isthme. Cette île et l’isthme étaient plantés d’arbres très beaux.

mais au milieu de l’île se dressait un Arbre magnifique. qui dominait tous les autres et en même temps les protégeait. Ses racines constituaient le sol de l’île. Il recouvrait toute l’île et se dressait de toute sa hauteur et largeur jusqu’à une cime très fine. Ses branches s’étendaient très droit, portant des rameaux qui s élançaient vers le ciel comme autant de petits arbres comparables.

Les feuilles étaient fines, les fruits jaunes étaient protégés par une cosse de feuilles, comme les roses qui s’ouvrent à peine.

L’Arbre avait quelque chose de semblable au cèdre. Je ne me souviens pas avoir vu Adam ou Eve ou des animaux sur l’île prés de l’Arbre. sinon de très beaux oiseaux blancs. majestueux. que j’entendais chanter dans les branches. Cet Arbre était l’Arbre de la Vie.

Juste devant l’isthme qui menait à l’île se dressait l’Arbre de la Connaissance. Le tronc en était écailleux comme celui des palmiers les feuilles poussaient directement sur le tronc. très grandes et larges. ayant un peu la forme de semelles de chaussures.

Cachés au creux des feuilles. les fruits pendaient par grappes de cinq un en avant et les quatre autres groupés autour de la tige du premier.

Les fruits. jaunes. avaient moins l’aspect d’une pomme que celui d’une poire ou d’une figue : ils avaient cinq côtes et leur germe ressemblait à un nombril. l’intérieur de ces fruits était mou comme celui des figues. couleur de sucre brun, avec des veines rouge sang.

L’Arbre était plus large en haut qu’en bas. il jetait des branches qui s’enfonçaient profondément dans la terre. Je vois encore cette espèce d’arbres dans des pays chauds.

Il jette en terre ses branches, comme des pousses. qui s enracinent et forment de nouveaux arbres. qui se reproduisent de la même façon, si bien qu’un tel arbre constitue souvent un abri sur un grand espace qu’occupent de nombreuses familles.

A quelque distance de l’Arbre de la Connaissance, sur la droite. je vis une petite colline arrondie. doucement inclinée. constituée de cristaux rouges lumineux et de toutes sortes de pierres précieuses elle était garnie de degrés en forme de cristaux.

Tout autour d’elle croissaient des arbres élancés. suffisamment hauts pour cacher quelqu’un qui se fût trouvé sur la colline d autres plantes et végétaux poussaient alentour.

Ces arbres et ces plantes avaient des fleurs et des fruits vivaces et multicolores.

à quelque distance de l’Arbre de la Connaissance, sur la gauche. je vis une dépression. une petite vallée. Elle était couverte comme d’une terre blanche, délicate. ou de brume. et de fleurettes et de grains blancs. à cet endroit aussi croissaient toutes sortes de plantes, mais elles étaient sans couleurs et portaient quelque chose qui ressemblait plus à de la poussière qu’à des fruits.

C’était comme si ces deux endroits avaient une relation entre eux, comme si la colline devait être déposée dans la vallée : elles étaient comme la semence et le champ.

Ces deux endroits me parurent sacrés. Je les voyais tous deux lumineux, surtout la colline. Entre eux et l’Arbre de la Connaissance poussaient toutes sortes de petits arbustes et de buissons. Tout ceci, comme du reste toute la nature, était comme transparent et en lumière.

Ces deux endroits étaient les lieux de séjour de nos premiers parents. L’Arbre de la Connaissance était comme une séparation entre eux. Je pense que Dieu leur a attribué ces lieux après la création d’Eve et au début, je les vis assez peu se promener ensemble. Je les voyais se promenant chacun à sa place, sans aucune convoitise.

Les animaux étaient d’une grâce inexprimable, tout lumineux. et servaient Adam et Eve.

Chaque animal, suivant son espèce, avait son séjour, son gîte, ses sentiers. ses limites, et tous ces cercles d’évolution renfermaient en eux un grand mystère d’ordre et d’harmonie divine.

Le Péché originel

Je vis Adam et Eve se promener pour la première fois dans le Paradis.

Les animaux venaient à leur rencontre et les escortaient, s’attachant davantage à Eve qu’à Adam…

Eve s’occupait en général beaucoup plus qu’Adam de la terre et des créatures, elle regardait plus souvent le sol autour d’elle, et semblait plus curieuse. Adam était plus calme, plus tourné vers Dieu.

La tentation – la Bête

Parmi tous les animaux, il s’en trouvait un qui s’attacha plus que tous les autres à Eve c’était une bête extrêmement familière, enjôleuse et docile je n’en connais aucune à quoi je puisse la comparer.

Cette bête était en effet toute lisse et mince, comme si elle n’avait pas d’os. ses pattes de derrière étaient courtes et elle marchait debout. Sa queue pointue traînait sur le sol. et elle avait de petites pattes courtes. très haut. près de la tête. Sa tête était ronde et exprimait une ruse remarquable :

Cette bête avait une langue fine toujours en mouvement. La couleur de son ventre, de sa poitrine et de sa gorge était à peu près blanc jaunâtre. et tout son des était tacheté de brun, presque comme une anguille.

Cette bête avait environ la taille d’un enfant de dix ans. Elle tournait toujours autour d’Eve. si docile et folâtre. si agile et si curieuse de tout et de rien qu’Eve éprouvait beaucoup de plaisir en sa compagnie.

Mais pour moi. cette bête avait je ne sais quoi d’effrayant. et je la vois toujours aussi distinctement. Je n’ai pas vu qu’Adam ou Eve l’aient touchée.

Il y avait avant le péché une grande distance entre l’homme et les animaux et je n’ai jamais vu nos premiers parents toucher un animal et si les animaux étaient plus confiants envers l’homme ils n’en restaient pas moins à l’écart.

Lorsqu’Adam et Eve revinrent à l’endroit lumineux. une silhouette éclatante. comme celle d’un homme majestueux aux cheveux blancs étincelants. vint à eux et sembla leur donner tout ce qui les entourait. leur désignant tout en quelques mots. et aussi leur ordonner quelque chose.

Ils n’avaient nulle crainte. mais écoutaient avec candeur. Lorsque cette silhouette disparut. ils parurent plus satisfaits. plus heureux. ils semblaient mieux comprendre et découvrir un ordre plus grand en toutes choses : et ils en éprouvaient une très vive reconnaissance. mais Adam plus qu’Eve. qui pensait à son bonheur et à ces choses plus qu’à la reconnaissance car elle n’était pas aussi tournée vers Dieu qu’Adam. son âme se penchait plus vers la nature. Je crois qu’ils se sont promenés trois fois dans le Paradis.

Puis je vis Adam sur la colline lumineuse où il avait été plongé dans le sommeil, lorsque Dieu tira la femme de son côté : il rendait grâce et s’émerveillait. Il se tenait tout seul sous les arbres. Quant à Eve, je la vis s’approcher de l’Arbre de la Connaissance, comme si elle voulait se tenir prés de lui. La bête était de nouveau près d’elle, encore plus folâtre et plus agile : Eve fut toute conquise par le serpent et se complut particulièrement en sa compagnie. Alors le serpent grimpa dans l’Arbre, assez haut pour que sa tête fût à la hauteur de celle d’Eve il s’agrippa au tronc avec ses pattes et. tournant la tête vers Eve, il lui parla. Il lui dit que si Adam et elle mangeaient de ce fruit de l’Arbre, ils deviendraient libres et ne seraient plus des esclaves qu’ils connaîtraient la façon dont ils se multiplieraient.

Adam et Eve avaient déjà reçu de Dieu l’ordre de se multiplier. Mais j’appris qu’ils ne connaissaient pas les desseins de Dieu à ce sujet, et que, s’ils les avaient sus et avaient néanmoins péché, la Rédemption eét été impossible.

Dès lors, Eve ne cessa de penser à ce que lui avait dit la bête, et elle s’enflamma du désir d’en savoir plus il se passa en elle quelque chose qui l’abaissait, et j’en frémis. Alors elle se tourna vers Adam, qui se tenait paisiblement sous les arbres, et l’appela, et il vint Eve courut à lui, puis fit demi-tour il y avait en elle une hésitation et un trouble. Elle marcha, comme si elle voulait dépasser l’Arbre, mais elle s’en approcha, du côté gauche, et se tint derrière le tronc, recouverte de ses longues feuilles tombantes.

L’Arbre était plus touffu au sommet, et ses longues branches flexibles recouvertes de feuilles retombaient jusqu’à terre. à l’endroit où se tenait Eve. un fruit particulièrement beau pendait.

Lorsqu’Adam arriva près d’elle. Eve lui prit le bras et lui fit part de ce qu’avait dit cette bête qui parlait. et Adam écouta aussi. Lorsqu’Eve prit le bras d’Adam. c était la première fois qu’elle le touchait : lui ne la toucha pas. mais tout devint plus obscur autour d’eux.

Le fruit défendu

Je vis que la bête montrait le fruit sans oser toutefois le cueillir pour Eve.

Mais lorsqu’Eve convoita le fruit. La bête le cueillit et le lui tendit : c’était le fruit d’une grappe de cinq. le plus beau. celui qui se trouvait au milieu des autres.

Je vis alors qu’Eve s’approcha d’Adam avec le fruit et le lui donna. et que sans son consentement à lui. il n y aurait pas eu de péché. Je vis que le fruit semblait s ouvrir dans la main d’Adam qui parut y voir des Images. C’était comme s’ils avaient révélation de ce qu’ils devaient ignorer. L’intérieur du fruit était couleur de sang et parcouru de veines. Je vis qu’Adam et Eve s’obscurcissaient et qu’ils se tassaient dans leur taille. L’éclat du soleil sembla se ternir. La bête sauta de l’arbre et je la vis s’enfuir à quatre pattes. Mais je n’ai pas vu qu’Adam et Eve aient mangé le fruit avec leur bouche. comme nous faisons : le fruit disparut entre eux.

Je vis qu’Eve avait déjà péché lorsque le serpent était dans l’Arbre. car elle lui avait remis sa volonté. Je compris à ce sujet quelque chose que je suis incapable d exprimer en paroles : c’était comme si le serpent représentait la forme. le symbole de leur volonté. comme celui d’un être par lequel ils pouvaient tout faire et tout atteindre. Et Satan se glissa en cela.

Le péché ne se trouva pas accompli par le seul usage du fruit défendu ce fruit renferme en soi la faculté d’une reproduction tout arbitraire, reproduction dans l’ordre des sens, qui sépare de Dieu : il est le fruit de cet arbre qui plonge ses branches dans la terre pour se reproduire en poussant ainsi de nouveaux surgeons. ceux-ci se multipliant à leur tour de la même façon, même après la chute. Aussi, ayant consomme ce fruit dans la désobéissance, l’homme se sépara de Dieu. et la concupiscence s’implanta en lui, et par lui dans toute la nature humaine. Cette usurpation des propriétés du fruit eut en l’homme, qui voulut ainsi satisfaire son désir propre, de funestes conséquences : la division. La déchéance de la nature, le péché et la mort.

Apres la création d’Eve, Dieu avait accordé à Adam une bénédiction porteuse d’une faculté permettant à l’homme de se reproduire dans la sainteté et la pureté 2 cette bénédiction fut retirée à Adam à cause de l’usage qu’il fit du fruit défendu, car je vis le Seigneur passer derrière Adam lorsque celui-ci quitta sa colline pour rejoindre Eve 3 et lui retirer quelque chose : et il me sembla que le Salut du monde devait sortir de ce que Dieu avait repris à Adam (Ce que Dieu avait retranché d’Adam devint le « dépôt sacré »)

Un jour. à la fête de la sainte et immaculée Conception de Marie, Dieu m’accorda une vision de ce mystère : je vis la vie physique et spirituelle de tous les hommes comme contenue en Adam et Eve, et gâtée par la chute et mêlée au mal, ce dont les anges déchus tirèrent une grande puissance. Mais je vis également la seconde Personne de la Divinité descendre vers Adam et lui retirer la bénédiction divine, avec une lame recourbée, avant qu’il consentit au péché. Au même moment, je vis la Vierge Marie sortir du côté d Adam, comme une petite nuée lumineuse qui s’éleva vers Dieu.

Lorsqu’Adam et Eve eurent consomme le fruit, ils furent comme ivres, et leur consentement au péché provoqua de grands changements en eux. Car, le serpent étant auprès d’eux, ils étaient pénétrés de son influence, et l’ivraie s’introduisait parmi le bon grain.

Lorsque la réparation de la chute m’était montrée sous forme de visions, je voyais Eve qui, à peine issue du côté d’Adam tournait déjà la tête vers le fruit défendu et courait vers l’arbre pour l’entourer de ses bras. Mais Je voyais en même temps, dans une vision opposée, comment Jésus, né de la Vierge Immaculée, se hâtait vers la Croix et la serrait dans ses bras, et comment la descendance de nos premiers parents, souillée et dispersée par la faute d’Eve, retrouvait sa pureté grâce aux souffrances de Jésus il m’a été montre comment la convoitise et ses troubles doivent être extirpés de la chair par les douleurs de l’expiation 5. J’ai toujours ainsi compris les mots de l’Epitre aux Galates selon lesquels le fils de la servante n’a point de part à l’héritage : par ce terme « servante », on doit entendre la chair et les soumissions serviles qu’elle engendre 6. Le mariage est un état de pénitence, qui exige le renoncement, la prière, le Jeéne. la pratique de l’aumône et dont le but est l’accroissement du Royaume de Dieu.

Avant le péché originel, Adam et Eve étaient fort différents de ce que nous, misérables humains, sommes à présents mais à cause de l’usage qu’ils firent du fruit défendu. ils reçurent un devenir formel et temporel, et tout ce qui en eux était spirituel se mua en chair. matière, instrumentalité et réceptivité. Auparavant. ils étaient un en Dieu, et leur volonté ne faisait qu’une avec celle de Dieu désormais, ils sont divisés en leur volonté propre, qui est égoïsme, concupiscence. impureté. En cueillant le fruit défendu, l’homme se détourna de Dieu, son Créateur, et ce fut comme s’il usurpait le pouvoir de créer. Dans l’être humain, toutes les forces. les actions et les qualités, et leurs relations entre elles et avec la nature entière, sombrèrent au niveau de la matière, dans l’ordre corporel, et emprunèent toutes sortes de formes et d’expressions. à l’origine, l’homme avait été établi par Dieu maître de toute la création désormais, tout se trouvait en lui rabaissé au niveau de la nature, il était comme un seigneur que ses esclaves eussent soumis et lié, et il devait à présent lutter et combattre contre ces esclaves. Je ne suis guère capable d’exprimer ces choses : c’est comme si l’homme avait possédé en Dieu l’origine et le centre de toutes choses, et comme s’il les avait ramenées a soi, si bien que ces choses étaient devenues ses maîtres.

J’ai vu l’intérieur de l’homme, tous ses organes, comme l’image de toutes les créatures et de leurs relations entre elles 7 il récapitule en lui toutes choses, des astres jusqu’aux plus petits animaux, comme si ceux-ci étaient par la chute de l’homme tombés eux-mèmes dans le corporel et le périssable 8. Tout ceci s harmonisait en l’homme, mais il brisa cette harmonie et dut désormais travailler, lutter et souffrir à cause de sa faute Je ne peux exprimer cela plus clairement. car Je suis moi-mème un membre de l’humanité déchue.

L’homme a été créé pour combler les rangs laissés vides par les anges rebelles.
Sans le péché originel, il se fut multiplie Jusqu’à ce que le genre humain atteignit le nombre des anges déchus, et la création eut alors été achevée.

Si Adam et Eve avaient vécu une seule génération sans pécher, ils ne seraient jamais plus tombes ensuite. Je suis assurée que le monde ne finira pas tant que le nombre des anges rebelles ne sera pas obtenu et que tout le froment n’aura pas été séparé de la balle.

J ai eu un jour la vision globale de TOUT le péché, en son incommensurable étendue, et de TOUT le salut. J’ai contemplé clairement tous les mystères. je les a’ compris avec précision. mais il m’est bien impossible d exprimer cela en paroles. J’ai vu le péché, depuis la chute des anges et la faute d’Adam. jusqu’à nos Jours, avec la totalité de ses innombrables ramifications. et j’ai vu également toutes les préparations de la Rédemption et du Salut, jusqu’à la venue et la mort de Jésus. Jésus m’a montré le prodigieux mélange et l’incroyable désordre qui règnent en toutes choses. et tout ce qu’Il a accompli depuis l’origine pour la purification et la restauration de l’univers.

Lors de la chute des anges. beaucoup d`esprits mauvais vinrent sur la terre et infesèent les airs : j ai y u nombre de choses saturées et possédées de toutes sortes de façons par leur fureur.

Le premier homme était une image de Dieu, il était comme le ciel. Tout était un avec lui et en lui : sa forme était une expression de la forme divine. Il devait recevoir et posséder la terre et les créatures, mais en les tenant de Dieu et en l’adorant.

Cependant, il était libre. c’est pourquoi il fut confronté à l’épreuve. à ce qui lui était interdit : manger du fruit de l’Arbre. à l’origine. tout était uni et semblable : lorsque s’éleva la petite hauteur. La colline lumineuse sur laquelle se tenait Adam. et lorsque se creusa la vallée toute blanche et semée de fleurs minuscules, comme de la poussière. le Tentateur s’approcha.

Après la chute, tout changea. Toutes les formes de la création se réalisèrent et s’éparpillèrent, tout ce qui était uni se diversifia. tout ce qui était un se multiplia Adam et Eve ne resèent plus tournés vers Dieu seul, mais se fixèrent en eux-mèmes c est alors qu’ils ne furent plus un, mais deux 9, puis bientôt trois, et finalement une multitude. Ils étaient des images de Dieu, | ils devinrent simplement le complément l’un de l’autre. produisant en eux-mèmes l image du péché. Ils furent ainsi entraînés dans une relation avec le cercle des esprits rebelles. Ils conçurent à partir d’eux-mèmes et furent tributaires du sol. et les anges déchus établirent leur domination sur eux et sur la terre, si bien qu’il en résulta une infinie variété de péchés, de culpabilité. de misères, à cause du mélange des hommes entre eux et de leur dispersion dans la nature amoindrie par la faute originelle.

Mon Fiancé me montra toutes ces choses très clairement, de façon précise et compréhensible, de façon bien plus exacte que tout ce que nous percevons des événements de la vie quotidienne, et je pensais qu’un enfant serait tout à fait capable de les comprendre. Pourtant’ je ne peux plus guère exprimer ces réalités.

Il me fit voir le plan et les voies du Salut depuis l’origine et tout ce qu’Il a accompli. J’ai reconnu l’inexactitude de cette idée selon laquelle Dieu n’avait pas besoin de se faire homme, ni de mourir sur la croix, étant fort capable de procéder tout autrement pour nous sauver, grâce à sa Toute-Puissance.

En fait. il a réalisé tout ceci en toute perfection, miséricorde et justice. Dieu ne connaît point de nécessité. Il réalise tout ce qu’Il produit, Il est Celui qui est.

J’ai vu Melchisédech comme un ange, préfigurant le Christ. Prêtre Eternel venu sur la terre. Comme le sacerdoce est en Dieu de toute éternité, il était prêtre dans l’ordre éternel, en tant qu’ange.

J’ai vu tout ce qu’il a fait pour préparer, fonder, établir et préserver la race humaine. et pour la guider. J’ai vu également Hénoch et Noé, leur rôle et leur signification. Et. à côté de toutes ces figures’ il m’a été montré l’empire de l’enfer, toujours à l’oeuvre dans l’éclosion. les agissements et les mille formes d’un culte idolâtrique terrestre, charnel. diabolique. Toutes ces choses empruntaient des expressions précises et comparables. issues de puisions intérieures et secrêtes. qui incitaient et menaient au péché et à la dispersion. qui en est la conséquence.

C’est ainsi que tout m’a été révélé. d’Abraham à Moïse. de Moïse aux prophètes, toujours en relation et en correspondance avec notre monde actuel. Ainsi, par exemple. cet enseignement sur une question précise : pourquoi les prêtres n’ont-ils plus le pouvoir d’aider en opérant des guérisons, pourquoi ne parviennent-ils plus ou si peu à exercer ce charisme ? Ce don du sacerdoce m’a été montré à l’époque des prophètes. ainsi que son origine : j ai vu. par exemple’ Elisée donner son bâton à Giezi pour le poser sur l’enfant de la Sunamite, qui était mort. Or dans ce bâton se trouvait renfermée toute la puissance d’Elisée, sa mission. de façon toute spirituelle.

Ce bâton était le prolongement de son bras, c’était son bras même C’est à cette occasion que j’ai vu l’origine de la crosse des évêques, du sceptre des rois,ëet leur pouvoir, tel que la foi le communique, en les liant de façon particulière à ceux qui sont investis d’une mission, et en les tenant à l’écart de tout le reste.

Mais Giezi n’y croyait pas assez, et la mère éplorée s’imaginait ne pouvoir obtenir du secours que d’Elisée lui-mème, si bien que des doutes occasionnés par l’obscurcissement humain avaient fait obstacle à la force de Dieu communiquée à Elisee et à son bâton.

Je vis cependant Elisée s’allonger sur l’enfant, bouche contre bouche, main contre main, poitrine contre poitrine, et, par sa prière, ramener l’âme de l’enfant dans le corps. J’ai eu à cette occasion l’explication de cette forme de thaumaturgie. et de sa relation avec la mort de Jésus qu’elle préfigurait. En Elisée, la foi et la grâce divine ouvrirent de nouveau à l’homme les portes du salut et de la rédemption qui avaient été closes par le péché, à la tête, au côté, aux mains et aux pieds.

Elisée se coucha. tel une croix de vie déjà préfigurée, sur l’enfant mort, image d’une croix aux sources fermées et, par sa prière et sa foi, fit de nouveau circuler en lui la vie et la santé, réparant et expiant les fautes des parents, commises par la tête, le coeur, les mains et les pieds, qui avaient causé la mort de l’enfant.

J’ai vu en même temps que tout cela des symboles sur la mort de Jésus en Croix et sur ses saintes Plaies, et l’harmonie qui existe en tout. Mais j’ai contemplé la plénitude de ce don de la résurrection et de la guérison qui se répandait depuis la mort de Jésus sur la croix dans tout le sacerdoce de son Eglise, et en particulier dans les chrétiens à la foi éminemment solide : car c’est à la mesure de notre vie en Jésus et de notre crucifixion en lui que les portes de la grâce manifestées par ses Plaies sont ouvertes en nous. J’ai appris beaucoup de choses sur l’imposition des mains, sur la puissance de la bénédiction et sur son action au loin, et tout me fut expliqué précisément en cet exemple du bâton d’Elisée, bâton qui est en quelque sorte prolongement de la main et porteur de sa puissance.

Il m’a été montré pourquoi les prêtres, à l’heure actuelle, répandent si rarement des grâces de bénédiction et de guérison cela m’a été représenté sous forme de symboles, comme toutes les réalités de cet ordre. J’ai vu trois artistes qui modelaient des figures de cire.

Le premier utilisait de la belle cire blanche il était lui-mème très habile et travaillait avec facilité, mais avait la tête toute pleine de sa propre suffisance et ne portait pas l’image du Christ dans son coeur, si bien que son oeuvre avorta. Le second mode lait de la cire pâle, mais il était rempli d’amour-propre et prenait son ouvrage si peu à coeur qu’il ne fit rien de bon. Quant au dernier, fort maladroit, il pétrissait avec patience et naïveté de la vulgaire cire jaune, et, bien qu’il travaillât avec beaucoup de difficultés, il fit un très bon ouvrage et une image fort expressive malgré la grossièreté de l’exécution. De même. les prêtres tout occupés à disserter de choses mondaines et imbus de sagesse humaine et de fausse science ne produisent rien de bon. alors que quelques-uns. par leur seule pauvreté et simplicité, manifestent la puissance du sacerdoce dans la bénédiction et la guérison.

En toutes ces choses. c’était comme si j’allais à l’école. et mon Fiancé m’enseignait comment, de sa conception à sa mort’ n avait souffert et expié et réparé. et je voyais tout ceci en des représentations de sa vie uniquement. J’ai vu également que l’on pouvait. par la prière et en offrant ses propres souffrances, obtenir la conversion et le salut de nombreuses âmes qui ne travaillent guère sur la terre et sont captives du péché mortel.

J’ai vu aussi comment les Apôtres se sont dispersés sur la plus grande partie de la terre. pour y briser la domination de Satan et y porter la bénédiction. et comment certaines régions étaient tout particulièrement au pouvoir de l’ennemi : mais Jésus. par son sacrifice parfait. a obtenu aux hommes la puissance de sa bénédiction et l’a solidement établie en eux. en leur envoyant autrefois. et maintenant encore. son Esprit de Sainteté. Et il m’a été montré que ce don. destiné par la force de la bénédiction à soustraire la terre et les pays à la domination de Satan, se trouve évoqué en ces paroles : « Vous êtes le sel de la terre. « C’est pour cela que le sel entre également dans la composition de l’eau bénite.

En ces visions. j’ai vu également combien scrupuleusement on s’adonne avec passion aux occupations charnelles et temporelles, si bien que toutes les pratiques issues du refus des bénédictions célestes constituent le sens même de la vie pour beaucoup : prodiges du royaume de Satan, culte de la nature, superstition, magie, magnétisme, science tournée vers l’humain, arts superficielsëtous les moyens en somme de farder la mort, de rendre le péché agréable et d’endormir la conscienceësont pratiqués avec une superstitieuse ferveur par ceux-là mêmes qui prétendent déceler dans les mystères de la religion catholique des formes caractéristiques de superstition. Et pourtant ces mystères pourraient se célébrer par des rites différents, tandis que ces gens-là mènent leur vie et toutes leurs activités mondaines de façon extrêmement consciencieuse selon des normes analogues de sorte que seul vienne à être négligé le Royaume du Dieu fait homme. C’est ainsi que j’ai également constaté combien on accorde d’importance à toutes les occupations mondaines, au détriment du service de Dieu.

La promesse du Salut

Après la chute originelle. Dieu montra aux anges comment il allait restaurer le genre humain. Je vis le trône de Dieu. la très Sainte Trinité. un mouvement entre les trois divines Personnes. Je vis les neuf chœurs d anges Dieu leur révéla de quelle façon Il désirait rétablir le genre humain déchu. et les anges manifestèrent alors une allégresse et une jubilation indescriptibles.

Je vis le roc de pierres précieuses d’Adam apparaître devant Dieu. tout resplendissant, comme s’il avait été apporté par des anges ce roc était taillé en degrés, il s’agrandit. il devint un trône. une tour, qui s’élargit jusqu’à tout contenir. Les neuf choeurs d’anges se tenaient tout autour, et. au-dessus d’eux dans le ciel, Je vis l’image de la Vierge. C’était Marie, non dans le temps. mais dans l’éternité, en Dieu 2, Elle était quelque chose qui sortait de Dieu. La Vierge pénétra dans la Tour. qui s’ouvrait devant elle. et ce fut comme si elle s’identifiait au monument 3. Quelque chose apparut. qui sortait de la très Sainte Trinité et se dirigea vers la Tour pour entrer en elle.

Je vis également une sorte d’ostensoir au milieu des anges. qui participaient tous à sa réalisation et à sa finition : il représentait une sorte de tour ornée de toutes sortes de figures mystérieuses. Deux personnages se tenaient devant, de chaque côté. se tendant la main. Je vis quelque chose, issu de Dieu. qui passa parmi tous les choeurs angéliques et pénétra dans l’ostensoir : c’était un don sacré’, étincelant, qui se précisait au fur et à mesure qu’il se rapprochait. Il m’apparut comme le germe de la bénédiction divine, destiné à une croissance très pure donné par Dieu à Adam. il lui fut retiré au moment où l’homme allait écouter Eve et acquiescer à son désir de cueillir le fruit défendu c’est la bénédiction qu’Abraham reçut de nouveau, qui fut reprise à Jacob et de nouveau confiée à Moise. dans l’Arche d’Alliance, d’où Joachim, le père de Marie, la reçut finalement, si bien que Marie fut conçue aussi pure et immaculée qu’Eve. Lorsque celle-ci fut tirée du côté d’Adam endormi. Cependant, l’ostensoir entra dans la Tour.

Je vis également les anges préparer un calice semblable par sa forme au calice de la Cène ce vase entra aussi dans la Tour. Sur le côté extérieur droit de la Tour, il y avait du vin et du froment, comme posés sur un rebord de nuages dorés : des mains aux doigts joints se baissaient sur ce vin et ce froment’.

C’est alors qu’un rameau, puis un arbre entier, se dressèrent au-dessus les branches de cet arbre portaient des figures miniatures d’hommes et de femmes qui se tendaient les mains. La dernière fleur de cet arbre était la crèche avec l’enfant.

J’eus alors des visions sur le mystère de la Rédemption comme Promesse jusqu’à son accomplissement à la fin des temps je vis aussi des images des obstacles qui se dressaient contre ce mystère. Finalement, je vis au-dessus du roc étincelant une grande église majestueuse, l’Eglise Catholique une et Sainte, qui porte en son sein le vivant Salut du monde entier. Il y avait en toutes ces visions une merveilleuse unité de relation et de progression. même les obstacles, même les fruits du mal. même ce qui était rejeté par les anges, devait servir au développement du plan de salut. C’est ainsi que je vis le Temple ancien surgir d’en-bas il ressemblait à l’Eglise Sainte, mais n’avait pas de tour. Il était fort grand, mais fut repoussé sur le côté par les anges et bascula. Je vis une grande coupe en forme de coquillage. qui apparut et voulut forcer les portes du Temple mais elle fut jetée sur le côté.

Je vis une large tour à étages (une pyramide égyptienne) dont les multiples portes se refermaient sur des personnages comme Abraham et les enfants d’Israël. Cela signifiait leur captivité en Egypte. Cette pyramide fut repoussée, comme une autre tour égyptienne à étages qui symbolisait l’astrologie et la divination. Je vis ensuite un temple égyptien, également écarté et qui s’écroula.

Finalement, j’eus la vision de ce qui se passait sur la terre : Dieu faisait savoir à Adam qu’une Vierge apparaîtrait et lui rapporterait le Salut perdu. Mais Adam ne savait pas quand cet événement devait se produire c’est pourquoi je le vis plus tard fort triste de voir qu’Eve ne lui donnait que des garçons, jusqu’à ce qu’elle mit au monde une fille.

J’ai vu Noé et son sacrifice, au cours duquel il reçut la bénédiction de Dieu. J’ai eu ensuite des visions sur Abraham, sur sa bénédiction, sur l’annonce d’Isaac. J’ai vu cette bénédiction se transmettre d’aîné en aine, toujours sous la forme d’un sacrement. J’ai vu Moïse, comment il reçut le mystère du dépôt sacré au cours de la nuit précédant l’Exode, ce que seul Aaron savait. J’ai vu ce dépôt mystérieux dans l’Arche d’Alliance : seuls les grands-prêtres et quelques saints eurent. par révélation divine, connaissance de ce secret. C’est ainsi que j’ai contemplé la transmission de ce mystère dans toute la lignée de Jésus-Christ, jusqu’à Joachim et Anne, le couple le plus pur et le plus saint de tous les temps, qui donna naissance à Marie la Vierge Immaculée. Et c’est Marie finalement qui fut elle-même l’Arche d Alliance, le Tabernacle du mystère.

L’exclusion du Paradis

Après quelque temps. je vis Adam et Eve errer ça et la. en proie à une grande tristesse. Ils étaient sombres marchaient loin de l’autre, comme s’ils cherchaient quelque chose qu’ils eussent perdu. Chaque pas les faisait s enfoncer davantage. c’était comme si le sol se dérobait et, partout où ils allaient, tout devenait terne, la végétation perdait son éclat. devenant comme grise et les animaux s’enfuyaient. Ils cherchèrent toutefois de grandes feuilles, s’en firent un pagne qu’ils ceignirent et continuèrent de marcher isolément.

Quand ils eurent ainsi parcouru un certain trajet le merveilleux endroit qu’ils avaient fui n’était plus qu’une petite montagne lointaine, et ils se cachèrent, chacun de son côté. parmi les buissons d’une même plaine. C’est alors qu’une voix venue d’en-haut les appela : mais ils n’osèrent se montrer, eurent encore plus peur. se sauvèrent plus loin pour se cacher mieux. Cela me causa une grande peine. La voix se fit alors plus sévère ils se fussent volontiers dissimulés plus avant, mais ils furent obliges de se découvrir.

La silhouette majestueuse et éclatante de lumière apparut : ils s’avancèrent vers elle tête baissée, sans oser regarder le Seigneur : ils se jetaient toutefois des coups d’œil et s’excusèrent.

Alors Dieu leur indiqua, plus bas encore. une plaine piquetée d’arbres et de fourrés. et c’est alors qu’ils comprirent vraiment leur état misérable. Lorsqu’ils furent seuls, je les vis prier. Ils s’écarèent l’un de l’autre. tombèrent à genoux, levèrent les mains vers le ciel et se mirent à crier et à pleurer. Lorsque je voyais cela. je sentais combien l’isolement est bienfaisant pour la prière.

Ils étaient désormais vêtus d’un habit qui couvrait leur corps des épaules aux genoux. Leur ceinture était une bande d’écorce. Pendant qu’ils fuyaient. le Paradis semblait se retirer derrière eux. comme un nuage. Et un cercle de feu, comparable aux halos que l’on voit autour du soleil ou de la lune, descendit du ciel et s’établit tout autour de la montagne où était le Paradis.

Adam et Eve n’avaient passé qu’un jour au Paradis. Je vois celui-ci de loin, maintenant. comme un banc sous le soleil levant. Lorsque j’ai cette vision, je vois le soleil prendre sa course à l’extrémité droite de ce banc.

Le Paradis est situé à l’est de la Montagne des prophètes, et m’apparaît toujours comme un œuf flottant à la surface d’une eau indescriptiblement claire qui le sépare de la terre et la Montagne des prophètes est comme un contrefort du Paradis : on y découvre des régions verdoyantes, magnifiques, séparées par de profonds ravins et des gouffres pleins d’eau.

J’ai déjà vu des hommes entreprendre l’exploration de la Montagne des prophètes, mais ils ne sont pas allés bien loin

J’ai vu Adam et Eve arriver sur cette terre de pénitence : c’était un spectacle infiniment bouleversant, que ces deux êtres en pénitence sur la terre nue. Adam avait eu la permission d’emporter un rameau d’olivier du Paradis. et où il le planta j’ai vu que, par la suite, la Croix fut taillée dans ce bois. Ils étaient dans une affliction poignante. Comme je pus le constater, ils ne pouvaient qu’à peine apercevoir le Paradis. Ils étaient toujours pousses plus loin. et, en même temps, c’était comme si quelque chose se retournait finalement, ils atteignirent, dans l’obscurité et la nuit, le triste lieu de l’expiation.

La famille d’Adam

C’est dans la région du Mont des Oliviers que j’ai vu arriver Adam et Eve : le paysage était différent de ce qu’il est maintenant. mais il me fut montré que c’était bien ce pays. Je les ai vu habiter et faire pénitence à l’endroit même où Jésus eut la sœur de sang. Ils cultivaient les champs. Je les ai vus entourés de fils et. plonges dans une grande affliction. suppliant Dieu de leur accorder aussi des filles. Ils avaient reçu la promesse que la postérité de la femme écraserait la tête du serpent.

Eve donnait naissance à ses enfants à intervalles précis : il y avait toujours un certain nombre d’années de pénitence entre deux naissances. C’est ainsi qu’elle enfanta Seth l’enfant de la promesse dans la grotte de la Nativité. après sept ans de pénitence : et là . un ange de Dieu lui dit que Seth était la postérité que Dieu lui donnait à la place d Abel. Seth demeura longtemps caché en ce lieu. ainsi que dans la grotte de l’allaitement d’Abraham, 2 parce que ses frères – comme ceux de Joseph 3 – cherchaient à attenter à sa vie.

Un jour, je vis douze personnes : Adam, Eve, Caïn, Abel et deux de leurs soeurs, et d’autres enfants plus petits. Tous étaient habillés de peaux de bêtes jetées sur leurs épaules et ceintes comme des scapulaires. Ces peaux s’élargissaient sur la poitrine et servaient de sac elles étaient plus longues autour des jambes et attachées sur les côtés. Les hommes portaient des peaux plus courtes auxquelles étaient fixées des gibecières dans lesquelles ils portaient quelque chose. Ces peaux étaient très blanches et fines, des épaules jusqu’à mi-bras, et les femmes les attachaient sous leurs bras. En ce vêtement, ils étaient très beaux et majestueux.

Il y avait là des cabanes, quelque peu enfoncées dans la terre, et recouvertes de plantes : c’était une communauté parfaitement organisée. J’ai vu des champs avec de petits arbres fruitiers assez robustes il y avait aussi des céréales, du blé, que Dieu avait donné à semer à Adam.

Je ne me souviens pas d’avoir vu du blé et de la vigne dans le Paradis. Il n’y avait au Paradis aucun fruit susceptible d’être utilisé comme aliment. La préparation des mets est une conséquence du péché et pour cela un symbole de la souffrance. Dieu donna à Adam tout ce qu’il devait semer. Je me souviens également avoir vu des hommes comparables à des anges donner quelque chose à Noé, lorsqu’il entra dans l’Arche cela me parut être une pousse de vigne, qu’il piqua dans une pomme.

Il y avait également une sorte de céréale sauvage qui poussait librement, et parmi laquelle Adam devait semer le froment, car ainsi s’améliorait l’espèce sauvage mais elle dégénéra finalement et devint encore plus mauvaise. Dans les premiers temps, ce grain sauvage se répandit, particulièrement bon et comme anobli, vers le Levant, en Inde ou en Chine, lorsqu’il y avait encore peu d’hommes en ces contrées. là où il y a de la vigne et des poissons, ce grain ne pousse pas.

Adam et sa famille buvaient le lait des animaux et mangeaient aussi du fromage, qu’ils faisaient sécher au soleil. Parmi les animaux, j’ai vu surtout des montons. Tous les animaux auxquels Adam avait donné un nom l’avaient suivi mais ils fuyaient, et il dut d’abord s’attacher les animaux domestiques en les nourrissant, et les habituer à lui. J’ai vu des oiseaux aussi, qui volaient ça et là , des petits animaux, et aussi des animaux sauteurs. C’était une communauté toute patriarcale. J’ai vu les enfants d’Adam étendus autour d’une pierre dans une cabane, pour manger, je les ai vu prier et rendre grâce.

Dieu avait enseigné l’offrande à Adam, et il était le prêtre dans sa famille. Caïn et Abel le furent aussi, et je vis que leur formation eut lieu dans une cabane particulière.

Ils avaient la tête coiffée de bonnets de feuilles et de brindilles tressées en forme de nacelle, avec quelque chose à l’avant qui permettait de les saisir. Ils avaient la peau d’une belle couleur jaune, brillante. comme de la soie. et des cheveux blond-roux, comme de l’or. Adam portait aussi les cheveux longs il avait une barbe. courte d’abord. puis plus longue. Eve porta d’abord les cheveux très longs, puis roulés en mèches disposées autour de la tête comme une coiffe.

J’ai toujours vu le feu comme de la braise recouverte. comme s’il était souterrain. Ils le reçurent d’abord du ciel et Dieu leur apprit à l’utiliser. Il y avait une matière jaune. comme de la terre, comme une sorte de charbon. qu’ils brélaient. Je ne les vis pas cuire d’aliments. je vis qu’au début ils les séchaient au soleil : ainsi le blé. écrasé et exposé au soleil dans de petites fosses. sous un toit en treillis. Les céréales que Dieu leur donna étaient le blé. le seigle et l’orge. Dieu leur apprit la culture comme Il les enseigna en toutes choses.

Des grands fleuves. comme par exemple le Jourdain. je n en vis point : mais des sources jaillissaient, qu’Adam et sa famille canalisèrent pour former des étangs. Avant la mort d’Abel. on ne mangeait pas de viande.

Le tombeau d’Adam

J’ai eu un jour cette vision au sujet du mont du Calvaire : je vis qu’un prophète. le compagnon d’Elle. se rendit en ce lieu. qui était alors une colline percée de grottes et de niches funéraires murées il entra dans une de ces grottes. sous terre. et tira d’un sarcophage de pierre plein d’ossements le crâne d’Adam.

Un ange se tenait prés de lui, en apparition. qui lui dit : « Ceci est le crâne d’Adam. « . et qui lui interdit de l’emporter. Il y avait. sur ce crâne, encore quelques fins cheveux blonds. ça et là.

Je vis aussi qu’à la suite du récit que fit le prophète on nomme cet endroit « le lieu du crâne. (Golgotha).

C’est juste au-dessus de ce crâne que le pied de la Croix du Christ fut planté, au moment de la crucifixion.

J’ai eu révélation que cette place est le centre de la terre, et il m’a été indiqué la distance en chiffres vers l’Orient, le Midi et le Couchant. mais je l’ai oubliée.

Le tombeau d’Eve

(Wikipédia) Le tombeau d’Ève est un site archéologique qui se trouve à Djeddah, en Arabie saoudite.
La tradition populaire attribue cette sépulture présumée à Ève et ce lieu continue d’attirer des pèlerins de nos jours.
La tombe a été détruite par les autorités saoudiennes en février 19282, au motif qu’elle encourageait la superstition.
Le site, aujourd’hui occupé par un cimetière, a été scellé par une chape de béton en 19754, par les autorités religieuses saoudiennes voulant faire cesser les prières s’y déroulant, qui sont considérées dans l’islam comme relevant de l’idolâtrie et du polythéisme.

Le tombeau d’Ève en 1913.
Le tombeau d’Ève à Djeddah,
photographie tirée du livre de St. John Philby, The Heart of Arabia (1922)

Les premiers hommes et le Déluge

Extrait des révélations de la religieuse allemande Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

I’eau, avant le déluge, n’avait ni la rapidité à s’écouler ni lafluidité qu’elle eut par la suite. Mais elle était recouverte d’une sorte de membrane qui la maintenait quelque peu, si bien qu’elle coulait peu. La terre alors n’était pas limoneuse mais sèche et cassante, car elle n’avait pas encore été imprégnée d’eau. Mais, selon le premier commandement, elle donnait du fruit en surabondance.

Les hommes avaient alors oublié Dieu, si bien qu’ils agissaient plus à la ressemblance des animaux qu’à la ressemblance de Dieu. Et beaucoup aimaient plus les animaux que les hommes, si bien qu’hommes et femmes se mêlaient et s’unissaient aux animaux, tant et si bien que l’image de Dieu en eux était presque détruite.

Et toute l’espèce humaine était changée et transformée en monstres, si bien que certains hommes modelaient même leur conduite et leur voix sur celles des animaux, dans leur course, leurs cris et leur façon de vivre. Car bêtes sauvages et troupeaux, avant le déluge, n’avaient pas encore l’aspect repoussant qu’ils eurent par la suite.

Les hommes ne les fuyaient pas plus qu’ils ne les fuyaient et les un et les autres ne se craignaient pas. Mais bêtes et troupeaux restaient volontiers avec les hommes, et les hommes avec eux, parce que, à l’origine, ils avaient pris naissance à peu près ensemble.

Bêtes et troupeaux touchaient de près les hommes et les hommes les touchaient de près, et, dans leurs différences, ils s’aimaient réciproquement et s’unissaient les un aux autres. Cependant Adam avait donné le jour à un certain nombre d’enfants qui étaient si bien remplis de la raison divine qu’ils n’acceptaient de se livrer à aucune turpitude, mais demeuraient dans la sainteté.

C’est pourquoi ils étaient appelés Fils de Dieu.

Pourquoi Fils de Dieu ?

Ceux-ci observaient et cherchaient à voir où se trouvaient les hommes qui ne s’étaient pas unis aux bêtes, bien qu’ils fussent des fils des prévaricateurs, comme on l’a dit plus haut. Et ceux-ci étaient appelés fils des hommes, parce qu’ils ne s’étaient pas avilis dans leur corps et ne s’étaient pas unis aux animaux. Et les fils de Dieu épousèrent leurs filles, et, d’elles, ils engendrèrent des fils, selon ce qui est écrit : “Les fils de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles…”

En fait, il existe encore des animaux et des espèces de bétail qui, de la façon que nous avons dite, ont récupéré en elles, venant des hommes, beaucoup d’éléments de la nature humaine. Alors, la clameur de cette iniquité monta jusqu’aux yeux de Dieu, car l’image de Dieu avait été déformée et détruite, et son caractère raisonnable bouleversé dans la fornication.

C’est pourquoi l’Esprit de Dieu, qui, lors de la création, planait sur le monde, envoya des eaux sur les eaux ; et la membrane des eaux, qui empêchait un peu les eaux de s’écouler avec la rapidité qu’elles ont maintenant, fut alors déchirée, l’eau devint très rapide dans sa course et submergea les hommes.

Alors l’eau imprégna si bien la terre que celle-ci en devint comme ferrugineuse et dure, et que, dans toutes ses productions, elle donna un suc nouveau et plus fort qu’auparavant, et qu’elle donna du vin, ce qui ne s’était pas encore vu.

Par ailleurs les pierres, qui ont été créées en même temps que la terre et qui avaient été recouvertes par elle, furent laissées à l’air par les eaux et apparurent; et certaines d’entre elles se fendirent, alors qu’elles avaient été intactes jusqu’alors.

Après le Déluge

Quant aux pierres, leur nombre n’augmenta ni avant ni après, à l’exception de celles qui apparaissent dans les fleuves, claires et polies; mais, créées en même temps que la terre, elles furent simplement révélées par le déluge.

L’arc-en-ciel Dieu alors plaça son arc au firmament du ciel pour le fortifier et le faire résister aux eaux. Cet arc est de feu et il a les couleurs des eaux, et ses couleurs sont fortes contre les eaux comme contre les nuages : de la sorte, il maintient les eaux par ses couleurs comme un filet retient les poissons et les empêche de s’écouler. Après le déluge, apparurent chez les hommes une sagesse plus grande et des vertus plus grandes qu’auparavant.

Avant le déluge, la terre était remplie d’hommes et d’animaux, et ils n’étaient pas séparés les un des autres par des eaux ou des forêts, car il n’y avait encore ni grands fleuves ni grandes forêts, mais seulement des ruisseaux et des rivières que l’on pouvait facilement franchir, et un petit nombre de forêts que les hommes traversaient facilement.

Mais, après le déluge, un certain nombre de sources et de ruisseaux se sont gonflés en fleuves immenses et dangereux ; de grandes forêts ont poussé, par lesquelles hommes et animaux se sont trouvés séparés, si bien que finalement les hommes détestaient les animaux et que les animaux détestaient les hommes.

Car, avant le déluge, il ne pleuvait pas : une simple rosée descendait sur terre. Par la suite, la terre a été imprégnée par les eaux, au cours du déluge, et la terre eut naturellement besoin de recevoir la pluie des eaux. (…)

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