Adam et Eve

Les premiers hommes, Adam et Ève, n’étaient pas légendaire

Révélations de Saint Thomas d’Aquin donnés à Giuliana Buttini (1921-2003) Le 21 juillet 1983.

Les premiers hommes, Adam et Ève, n’étaient pas légendaires, mais réels. Libres de choisir entre le bien et le mal, ils ont choisi le mal. La nature en a été contaminée et toute l’humanité a porté la marque du péché originel.

Le 3 février 1982

Adam est le seul ancêtre, et Ève, la première femme créée presque en même temps, tirée de la matière d’Adam, tout de suite après que l’Esprit eût été insufflé en Adam. Puis, les premiers enfants du premier homme sont nés.
Par la volonté et la puissance divine, ils ont été placés en d’autres lieux, en d’autres terres, d’où l’apparition d’autres races de couleurs et de mentalités différentes, qui n’auraient pu exister s’ils avaient grandi dans le même environnement.

Quand Adam fut créé, il le fut à partir du limon de la terre et Eve fut créée à partir d’Adam afin qu’elle soit sa chair et son sang et qu’ils vivent ensemble, se donnant l’un à l’autre et vivant l’un pour l’autre.

Messages de Notre Seigneur Jésus-Christ pour le monde du XXIe siècle.
Pour lire le texte du message en entier : Soeur Beghe – Dimanche 21 février 2021.

(…) C’est par l’eau que la vie a été créée : « l’esprit de Dieu planait sur les eaux » (Gn 1,2). Le Vivificateur a donné la vie dans l’eau d’abord, puis vint la vie végétale, le 3e jour. Vient ensuite la population marine et la gent ailée, le 5e jour. Ensuite toute la terre porta la vie et ce fut le 6e jour. Ainsi fit Dieu, la vie par étape et dans un ordre qui est le Sien. Les animaux et les hommes furent créés le 6e jour, et le 7e jour, Dieu se reposa, admirant Son œuvre et la vie qu’Il avait créée.

Cette vie venait de Lui, le Vivificateur, sans qui rien ne bouge. La vie corporelle et la vie de l’âme, la vie des animaux et la vie de l’homme.

Quand Adam fut créé, il le fut à partir du limon de la terre et Eve fut créée à partir d’Adam afin qu’elle soit sa chair et son sang et qu’ils vivent ensemble, se donnant l’un à l’autre et vivant l’un pour l’autre. Si Eve avait été créée du limon de la terre, comme Adam, elle eût été autre, tandis que venant d’Adam, ils étaient semblables et fait l’un pour l’autre.

Cette familiarité entre eux, cette similitude fit qu’ils se reconnurent et n’eurent pas à chercher ailleurs leur complément. L’homme était fait pour la femme et la femme faite pour l’homme. Cette union de ces deux êtres devait se perpétuer jusqu’à la fin du monde, de telle sorte que l’humanité se multiplie et se sanctifie au fur et à mesure de son développement et de son déploiement sur toute la surface de la terre.

Les hommes devinrent sédentaires et le soleil et la qualité du sol les façonna de telle sorte que les habitants d’une contrée de la terre prirent un aspect tandis que les habitants d’une autre contrée furent légèrement différents. Cette variété du sol et du soleil créa au fur et à mesure du temps des types particuliers et, les uns et les autres se reconnaissaient par leur aspect propre. Dieu désirait cette variété naturelle car sa création est incroyablement riche en plantes, en arbres, en paysages et en créatures. Cette diversité est l’œuvre divine de création et elle est bonne ainsi. (…)

Visions d’Anne-Catherine Emmerich (1774-1824)

Extrait du livre : Les mystères de l’Ancienne Alliance consultables sur : Livres Mystiques.com.

SOMMAIRE

Création d’Adam, sur Terre
Création d’Eve, au Paradis
L’Arbre de la Vie
L’Arbre de la Connaissance
Les animaux du Paradis
Description de la Bête
Dieu se montre à Adam et Eve
La tentation
Le fruit défendu
Création de l’Âme de la Vierge Marie
Les conséquences de la faute
L’exclusion du Paradis
Le Paradis se détache de la terre
La famille d’Adam s’installe en Palestine

Le tombeau d’Adam
Le tombeau d’Eve (photo)

Les premiers hommes et le Déluge, de Sainte Hildegarde de Bingen, (1098-1179)

Chapitres complémentaires : La chute des anges et La création de la terre

Création d’Adam, sur Terre

J’ai vu qu’Adam fut crée non pas au Paradis, mais à l’emplacement où devait par la suite s’élever Jérusalem. Je l’ai vu sortir, éclatant et blanc, d’une colline de terre jaune, comme d’un moule.

Le soleil brillait, et je pensais, car j’étais alors une enfant, que le jour avait fait sortir Adam de la colline. Il était comme né de la terre, qui était vierge : Dieu la bénit et elle devint sa mère Il ne sortit pas soudain de la terre, il y eut un instant jusqu’au moment où il parut.

Il était dans la colline, allongé sur le côté gauche, le bras replié sur la tête, et une légère nuée le recouvrait comme d’une gaze. Je vis une forme dans son côté droit et compris que c’était Eve, qui fut tirée de lui par Dieu, au Paradis.

Dieu l’appela, et ce fut comme si la colline s’ouvrait, et Adam en sortit peu à peu. Là , il n’y avait pas d’arbre, simplement des petites fleurs. J’avais vu également les animaux sortir chacun de la terre, un par espèce, et les femelles s’en détacher.

J’ai vu Adam emporté au loin, dans un jardin situé très haut, le Paradis. Dieu conduisit les animaux devant Adam, au Paradis, et Adam leur donna un nom et ils le suivirent et ils jouaient autour de lui. Tout lui était soumis avant le péché Eve n’avait pas encore été tirée de lui. Tous les animaux auxquels il avait donné un nom le suivirent plus tard sur la terre.

Je vis Adam dans le Paradis, non loin de la source au milieu du jardin il semblait sortir du sommeil, parmi les fleurs et les plantes Il était auréolé d’une lueur blanche, mais son corps était plus proche de la chair que de l’esprit. Il ne s’étonnait de rien, ni de soi-mème, et se promenait parmi les arbres et les animaux, comme s’il était habitué à tout, comme quelqu’un qui inspecte ses champs.

Création d’Eve, au Paradis

Je vis Adam près d’une colline, allongé près de l’eau sous un arbre, le bras gauche replié sous la joue Dieu fit tomber le sommeil sur lui et, souriant très doucement, Adam fut ravi en extase. Alors Dieu tira Eve du côté droit d’Adam, à l’en droit où Jésus fut plus tard percé par la lance.

Je vis Eve fine et petite elle devint rapidement plus grande, jusqu’à atteindre sa taille définitive et être parfaitement belle. Sans le péché originel, tous les hommes seraient ainsi nés au cours d’un doux sommeil

La colline se fendit en deux et je vis apparaître, du côté d’Adam, un roc comme composé de cristaux de pierres précieuses, et du côté d’Eve une vallée toute blanche, comme recouverte de petits fruits blancs et fins comme du froment.

Lorsque Eve eut été formée, je vis que Dieu donnait ou plutôt répandait, quelque chose sur Adam. C’était comme si, du front, de la bouche, de la poitrine et des mains de Dieu, qui apparaissait sous figure humaine, s’écoulaient des flots de lumière qui se réunissaient en un globe éclatant : ce globe entra dans le côté droit d’Adam, d’où Eve avait été tirée.

Adam seul reçut ceci : c’était le germe de la bénédiction de Dieu. Dans cette bénédiction était une trinité. La bénédiction qu’Abraham reçut de l’ange était identique, apparaissant sous la même forme, mais pas aussi lumineuse.

Eve se tenait radieuse devant Adam, et Adam lui tendit la main. Ils étaient comme deux enfants, indiciblement beaux et nobles. Ils étaient tout brillants, revêtus de rayons comme d’une gaze. Je voyais un large flot de lumière sortir de la bouche d’Adam, et sur son front comme une auréole de majesté. Autour de sa bouche hait un soleil de rayons, qu’il n’y avait pas chez Eve.

Je vis leur cœur, exactement comme celui des hommes maintenant, mais des rayons enveloppaient leurs poitrines, et au milieu du cœur de chacun, je voyais une auréole brillante, dans laquelle se tenait une petite figure qui semblait serrer quelque chose dans la main je pense que cela représentait la troisième Personne de la Divinité.

De leurs mains et de leurs pieds aussi je vis jaillir des rayons lumineux. Leurs cheveux retombaient de la tête en cinq mèches lumineuses, deux à partir des tempes, deux derrière les oreilles et une de l’arrière de la tête.

J’ai toujours eu le sentiment que les portes du corps humain avaient été ouvertes par les Plaies de Jésus, qu’elles avaient été refermées par le péché originel et que Longin avait ouvert au côté de Jésus la Porte de la nouvelle naissance à la vie éternelle.

J’ai vu les mèches lumineuses, rayons sur la tête d’Adam, comme sa plénitude, son auréole, l’achèvement des autres rayonnements et cette auréole retrouve sa place sur les âmes et les corps glorieux.
Nos cheveux sont cette gloire déchue, éteinte, obscurcie, et la comparaison entre notre chair actuelle et celle d’Adam avant la chute est du même ordre que celle de nos cheveux avec les rayons qui couronnaient Adam.

Adam tendit la main à Eve ils quittèrent le lieu de la création d’Eve pour se promener dans le Paradis, contemplant tout avec bonheur. Ce lieu de la création d’Eve était le plus élevé du Paradis, tout y était splendeur et lumière, plus que partout ailleurs.

Au milieu du jardin lumineux, je vis une étendue d’eau avec une île qui était reliée à la berge par un isthme. Cette île et l’isthme étaient plantés d’arbres très beaux.

L’Arbre de la Vie

Mais au milieu de l’île se dressait un Arbre magnifique. qui dominait tous les autres et en même temps les protégeait. Ses racines constituaient le sol de l’île. Il recouvrait toute l’île et se dressait de toute sa hauteur et largeur jusqu’à une cime très fine. Ses branches s’étendaient très droit, portant des rameaux qui s élançaient vers le ciel comme autant de petits arbres comparables. Les feuilles étaient fines, les fruits jaunes étaient protégés par une cosse de feuilles, comme les roses qui s’ouvrent à peine.
L’Arbre avait quelque chose de semblable au cèdre. Je ne me souviens pas avoir vu Adam ou Eve ou des animaux sur l’île prés de l’Arbre. sinon de très beaux oiseaux blancs. majestueux. que j’entendais chanter dans les branches. Cet Arbre était l’Arbre de la Vie.

L’Arbre de la Connaissance

Juste devant l’isthme qui menait à l’île se dressait l’Arbre de la Connaissance. Le tronc en était écailleux comme celui des palmiers, les feuilles poussaient directement sur le tronc. très grandes et larges. ayant un peu la forme de semelles de chaussures.

Cachés au creux des feuilles. les fruits pendaient par grappes de cinq, un en avant et les quatre autres groupés autour de la tige du premier. Les fruits, jaunes, avaient moins l’aspect d’une pomme que celui d’une poire ou d’une figue : ils avaient cinq côtes et leur germe ressemblait à un nombril. l’intérieur de ces fruits était mou comme celui des figues. couleur de sucre brun, avec des veines rouge sang.

L’Arbre était plus large en haut qu’en bas. il jetait des branches qui s’enfonçaient profondément dans la terre. Je vois encore cette espèce d’arbres dans des pays chauds. Il jette en terre ses branches, comme des pousses. qui s’enracinent et forment de nouveaux arbres. qui se reproduisent de la même façon, si bien qu’un tel arbre constitue souvent un abri sur un grand espace qu’occupent de nombreuses familles.

A quelque distance de l’Arbre de la Connaissance, sur la droite. je vis une petite colline arrondie. doucement inclinée. constituée de cristaux rouges lumineux et de toutes sortes de pierres précieuses, elle était garnie de degrés en forme de cristaux.

Tout autour d’elle croissaient des arbres élancés suffisamment hauts pour cacher quelqu’un qui se fût trouvé sur la colline. D’autres plantes et végétaux poussaient alentour. Ces arbres et ces plantes avaient des fleurs et des fruits vivaces et multicolores.

A quelque distance de l’Arbre de la Connaissance, sur la gauche. je vis une dépression. une petite vallée. Elle était couverte comme d’une terre blanche, délicate ou de brume et de fleurettes et de grains blancs. A cet endroit aussi croissaient toutes sortes de plantes, mais elles étaient sans couleurs et portaient quelque chose qui ressemblait plus à de la poussière qu’à des fruits.
C’était comme si ces deux endroits avaient une relation entre eux, comme si la colline devait être déposée dans la vallée : elles étaient comme la semence et le champ.

Ces deux endroits me parurent sacrés. Je les voyais tous deux lumineux, surtout la colline. Entre eux et l’Arbre de la Connaissance poussaient toutes sortes de petits arbustes et de buissons. Tout ceci, comme du reste toute la nature, était comme transparent et en lumière.
Ces deux endroits étaient les lieux de séjour de nos premiers parents. L’Arbre de la Connaissance était comme une séparation entre eux. Je pense que Dieu leur a attribué ces lieux après la création d’Eve et au début, je les vis assez peu se promener ensemble. Je les voyais se promenant chacun à sa place, sans aucune convoitise.

Les animaux du Paradis

Les animaux étaient d’une grâce inexprimable, tout lumineux. et servaient Adam et Eve. Chaque animal, suivant son espèce, avait son séjour, son gîte, ses sentiers. ses limites, et tous ces cercles d’évolution renfermaient en eux un grand mystère d’ordre et d’harmonie divine.
Je vis Adam et Eve se promener pour la première fois dans le Paradis. Les animaux venaient à leur rencontre et les escortaient, s’attachant davantage à Eve qu’à Adam. Eve s’occupait en général beaucoup plus qu’Adam de la terre et des créatures, elle regardait plus souvent le sol autour d’elle, et semblait plus curieuse. Adam était plus calme, plus tourné vers Dieu.

Description de la Bête

Parmi tous les animaux, il s’en trouvait un qui s’attacha plus que tous les autres à Eve. C’était une bête extrêmement familière, enjôleuse et docile. Je n’en connais aucune à quoi je puisse la comparer.

Cette bête était en effet toute lisse et mince, comme si elle n’avait pas d’os. ses pattes de derrière étaient courtes et elle marchait debout. Sa queue pointue traînait sur le sol et elle avait de petites pattes courtes très haut près de la tête. Sa tête était ronde et exprimait une ruse remarquable.

Cette bête avait une langue fine toujours en mouvement. La couleur de son ventre, de sa poitrine et de sa gorge était à peu près blanc jaunâtre, et tout son dos était tacheté de brun, presque comme une anguille.

Cette bête avait environ la taille d’un enfant de dix ans. Elle tournait toujours autour d’Eve, si docile et folâtre, si agile et si curieuse de tout et de rien qu’Eve éprouvait beaucoup de plaisir en sa compagnie. Mais pour moi, cette bête avait je ne sais quoi d’effrayant, et je la vois toujours aussi distinctement. Je n’ai pas vu qu’Adam ou Eve l’aient touchée.

Il y avait avant le péché une grande distance entre l’homme et les animaux et je n’ai jamais vu nos premiers parents toucher un animal, et si les animaux étaient plus confiants envers l’homme, ils n’en restaient pas moins à l’écart.

Dieu se montre à Adam et Eve

Lorsque Adam et Eve revinrent à l’endroit lumineux, une silhouette éclatante, comme celle d’un homme majestueux aux cheveux blancs étincelants, vint à eux et sembla leur donner tout ce qui les entourait, leur désignant tout en quelques mots, et aussi leur ordonner quelque chose.

Ils n’avaient nulle crainte, mais écoutaient avec candeur. Lorsque cette silhouette disparut. ils parurent plus satisfaits. plus heureux. Ils semblaient mieux comprendre et découvrir un ordre plus grand en toutes choses : et ils en éprouvaient une très vive reconnaissance, mais Adam plus qu’Eve, qui pensait à son bonheur et à ces choses plus qu’à la reconnaissance, car elle n’était pas aussi tournée vers Dieu qu’Adam, son âme se penchait plus vers la nature. Je crois qu’ils se sont promenés trois fois dans le Paradis.

La tentation

Puis je vis Adam sur la colline lumineuse où il avait été plongé dans le sommeil, lorsque Dieu tira la femme de son côté : il rendait grâce et s’émerveillait. Il se tenait tout seul sous les arbres. Quant à Eve, je la vis s’approcher de l’Arbre de la Connaissance, comme si elle voulait se tenir prés de lui. La bête était de nouveau près d’elle, encore plus folâtre et plus agile : Eve fut toute conquise par le serpent et se complut particulièrement en sa compagnie. Alors le serpent grimpa dans l’Arbre, assez haut pour que sa tête fût à la hauteur de celle d’Eve. Il s’agrippa au tronc avec ses pattes et, tournant la tête vers Eve, il lui parla. Il lui dit que si Adam et elle mangeaient de ce fruit de l’Arbre, ils deviendraient libres et ne seraient plus des esclaves, qu’ils connaîtraient la façon dont ils se multiplieraient.

Adam et Eve avaient déjà reçu de Dieu l’ordre de se multiplier. Mais j’appris qu’ils ne connaissaient pas les desseins de Dieu à ce sujet, et que, s’ils les avaient sus et avaient néanmoins péché, la Rédemption eut été impossible.

Dès lors, Eve ne cessa de penser à ce que lui avait dit la bête, et elle s’enflamma du désir d’en savoir plus, il se passa en elle quelque chose qui l’abaissait, et j’en frémis. Alors elle se tourna vers Adam, qui se tenait paisiblement sous les arbres, et l’appela, et il vint Eve courut à lui, puis fit demi-tour. Il y avait en elle une hésitation et un trouble. Elle marcha, comme si elle voulait dépasser l’Arbre, mais elle s’en approcha, du côté gauche, et se tint derrière le tronc, recouverte de ses longues feuilles tombantes.

L’Arbre était plus touffu au sommet, et ses longues branches flexibles recouvertes de feuilles retombaient jusqu’à terre, à l’endroit où se tenait Eve, un fruit particulièrement beau pendait.

Lorsque Adam arriva près d’elle, Eve lui prit le bras et lui fit part de ce qu’avait dit cette bête qui parlait, et Adam écouta aussi. Lorsque Eve prit le bras d’Adam, c était la première fois qu’elle le touchait : lui ne la toucha pas, mais tout devint plus obscur autour d’eux.

Le fruit défendu

Je vis que la bête montrait le fruit sans oser toutefois le cueillir pour Eve. Mais lorsque Eve convoita le fruit, la bête le cueillit et le lui tendit : c’était le fruit d’une grappe de cinq, le plus beau, celui qui se trouvait au milieu des autres.

Je vis alors qu’Eve s’approcha d’Adam avec le fruit et le lui donna, et que sans son consentement à lui, il n y aurait pas eu de péché. Je vis que le fruit semblait s’ouvrir dans la main d’Adam qui parut y voir des Images. C’était comme s’ils avaient révélation de ce qu’ils devaient ignorer. L’intérieur du fruit était couleur de sang et parcouru de veines. Je vis qu’Adam et Eve s’obscurcissaient et qu’ils se tassaient dans leur taille. L’éclat du soleil sembla se ternir. La bête sauta de l’arbre et je la vis s’enfuir à quatre pattes. Mais je n’ai pas vu qu’Adam et Eve aient mangé le fruit avec leur bouche. comme nous faisons : le fruit disparut entre eux.

Je vis qu’Eve avait déjà péché lorsque le serpent était dans l’Arbre, car elle lui avait remis sa volonté. Je compris à ce sujet quelque chose que je suis incapable d’exprimer en paroles : c’était comme si le serpent représentait la forme, le symbole de leur volonté. Comme celui d’un être par lequel ils pouvaient tout faire et tout atteindre. Et Satan se glissa en cela.

Le péché ne se trouva pas accompli par le seul usage du fruit défendu. Ce fruit renferme en soi la faculté d’une reproduction tout arbitraire, reproduction dans l’ordre des sens, qui sépare de Dieu : il est le fruit de cet arbre qui plonge ses branches dans la terre pour se reproduire en poussant ainsi de nouveaux surgeons. Ceux-ci se multipliant à leur tour de la même façon, même après la chute. Aussi, ayant consomme ce fruit dans la désobéissance, l’homme se sépara de Dieu, et la concupiscence s’implanta en lui, et par lui dans toute la nature humaine. Cette usurpation des propriétés du fruit eut en l’homme, qui voulut ainsi satisfaire son désir propre, de funestes conséquences : la division. La déchéance de la nature, le péché et la mort.

Après la création d’Eve, Dieu avait accordé à Adam une bénédiction porteuse d’une faculté permettant à l’homme de se reproduire dans la sainteté et la pureté. Cette bénédiction fut retirée à Adam à cause de l’usage qu’il fit du fruit défendu, car je vis le Seigneur passer derrière Adam lorsque celui-ci quitta sa colline pour rejoindre Eve, et lui retirer quelque chose : et il me sembla que le Salut du monde devait sortir de ce que Dieu avait repris à Adam (Ce que Dieu avait retranché d’Adam devint le Dépôt sacré)

Création de l’Âme de la Vierge Marie

Un jour, à la fête de la sainte et immaculée Conception de Marie, Dieu m’accorda une vision de ce mystère : je vis la vie physique et spirituelle de tous les hommes comme contenue en Adam et Eve, et gâtée par la chute et mêlée au mal, ce dont les anges déchus tirèrent une grande puissance. Mais je vis également la seconde Personne de la Divinité descendre vers Adam et lui retirer la bénédiction divine, avec une lame recourbée, avant qu’il consentit au péché. Au même moment, je vis la Vierge Marie sortir du côté d’Adam, comme une petite nuée lumineuse qui s’éleva vers Dieu.

Les conséquences de la faute

Lorsque Adam et Eve eurent consommé le fruit, ils furent comme ivres, et leur consentement au péché provoqua de grands changements en eux, car le serpent étant auprès d’eux, ils étaient pénétrés de son influence et l’ivraie s’introduisait parmi le bon grain.

Lorsque la réparation de la chute m’était montrée sous forme de visions, je voyais Eve qui, à peine issue du côté d’Adam tournait déjà la tête vers le fruit défendu et courait vers l’arbre pour l’entourer de ses bras. Mais Je voyais en même temps, dans une vision opposée, comment Jésus, né de la Vierge Immaculée, se hâtait vers la Croix et la serrait dans ses bras, et comment la descendance de nos premiers parents, souillée et dispersée par la faute d’Eve, retrouvait sa pureté grâce aux souffrances de Jésus.

Il m’a été montre comment la convoitise et ses troubles doivent être extirpés de la chair par les douleurs de l’expiation. J’ai toujours ainsi compris les mots de l’Épître aux Galates selon lesquels le fils de la servante n’a point de part à l’héritage : par ce terme « servante », on doit entendre la chair et les soumissions serviles qu’elle engendre. Le mariage est un état de pénitence, qui exige le renoncement, la prière, le Jeûne. la pratique de l’aumône et dont le but est l’accroissement du Royaume de Dieu.

Avant le péché originel, Adam et Eve étaient fort différents de ce que nous, misérables humains, sommes à présents, mais à cause de l’usage qu’ils firent du fruit défendu, ils reçurent un devenir formel et temporel, et tout ce qui en eux était spirituel se mua en chair, matière, instrumentalité et réceptivité.
Auparavant, ils étaient un en Dieu, et leur volonté ne faisait qu’une avec celle de Dieu désormais, ils sont divisés en leur volonté propre, qui est égoïsme, concupiscence. impureté. En cueillant le fruit défendu, l’homme se détourna de Dieu, son Créateur, et ce fut comme s’il usurpait le pouvoir de créer. Dans l’être humain, toutes les forces. les actions et les qualités, et leurs relations entre elles et avec la nature entière, sombrèrent au niveau de la matière, dans l’ordre corporel, et empruntèrent toutes sortes de formes et d’expressions.

A l’origine, l’homme avait été établi par Dieu maître de toute la création désormais, tout se trouvait en lui rabaissé au niveau de la nature, il était comme un seigneur que ses esclaves eussent soumis et lié, et il devait à présent lutter et combattre contre ces esclaves. Je ne suis guère capable d’exprimer ces choses : c’est comme si l’homme avait possédé en Dieu l’origine et le centre de toutes choses, et comme s’il les avait ramenées a soi, si bien que ces choses étaient devenues ses maîtres.

L’homme a été créé pour combler les rangs laissés vides par les anges rebelles.

J’ai vu l’intérieur de l’homme, tous ses organes, comme l’image de toutes les créatures et de leurs relations entre elles, il récapitule en lui toutes choses, des astres jusqu’aux plus petits animaux, comme si ceux-ci étaient par la chute de l’homme tombés eux-mèmes dans le corporel et le périssable. Tout ceci s’harmonisait en l’homme, mais il brisa cette harmonie et dut désormais travailler, lutter et souffrir à cause de sa faute. Je ne peux exprimer cela plus clairement, car je suis moi-mème un membre de l’humanité déchue.

L’homme a été créé pour combler les rangs laissés vides par les anges rebelles. Sans le péché originel, il se fut multiplie Jusqu’à ce que le genre humain atteignit le nombre des anges déchus, et la création eut alors été achevée.
Si Adam et Eve avaient vécu une seule génération sans pécher, ils ne seraient jamais plus tombes ensuite. Je suis assurée que le monde ne finira pas tant que le nombre des anges rebelles ne sera pas obtenu et que tout le froment n’aura pas été séparé de la balle. (…)

Lors de la chute des anges, beaucoup d’esprits mauvais vinrent sur la terre et infestèrent les airs : j’ai vu nombre de choses saturées et possédées de toutes sortes de façons par leur fureur.

Le premier homme était une image de Dieu, il était comme le ciel. Tout était un avec lui et en lui : sa forme était une expression de la forme divine. Il devait recevoir et posséder la terre et les créatures, mais en les tenant de Dieu et en l’adorant.

Cependant, il était libre. c’est pourquoi il fut confronté à l’épreuve. à ce qui lui était interdit : manger du fruit de l’Arbre. à l’origine. tout était uni et semblable : lorsque s’éleva la petite hauteur. La colline lumineuse sur laquelle se tenait Adam. et lorsque se creusa la vallée toute blanche et semée de fleurs minuscules, comme de la poussière. le Tentateur s’approcha.

Après la chute, tout changea. Toutes les formes de la création se réalisèrent et s’éparpillèrent, tout ce qui était uni se diversifia. tout ce qui était un se multiplia. Adam et Eve ne restèrent plus tournés vers Dieu seul, mais se fixèrent en eux-mèmes, c’est alors qu’ils ne furent plus un, mais deux, puis bientôt trois, et finalement une multitude. Ils étaient des images de Dieu, | ils devinrent simplement le complément l’un de l’autre, produisant en eux-mèmes l’image du péché. Ils furent ainsi entraînés dans une relation avec le cercle des esprits rebelles. Ils conçurent à partir d’eux-mèmes et furent tributaires du sol, et les anges déchus établirent leur domination sur eux et sur la terre, si bien qu’il en résulta une infinie variété de péchés, de culpabilité, de misères, à cause du mélange des hommes entre eux et de leur dispersion dans la nature amoindrie par la faute originelle. (…)

L’exclusion du Paradis

Après quelque temps, je vis Adam et Eve errer ça et la, en proie à une grande tristesse. Ils étaient sombres marchaient loin de l’autre, comme s’ils cherchaient quelque chose qu’ils eussent perdu. Chaque pas les faisait s’enfoncer davantage, c’était comme si le sol se dérobait et, partout où ils allaient, tout devenait terne, la végétation perdait son éclat, devenant comme grise et les animaux s’enfuyaient. Ils cherchèrent toutefois de grandes feuilles, s’en firent un pagne qu’ils ceignirent et continuèrent de marcher isolément.

Quand ils eurent ainsi parcouru un certain trajet, le merveilleux endroit qu’ils avaient fui n’était plus qu’une petite montagne lointaine, et ils se cachèrent, chacun de son côté. parmi les buissons d’une même plaine. C’est alors qu’une voix venue d’en-haut les appela : mais ils n’osèrent se montrer, eurent encore plus peur. se sauvèrent plus loin pour se cacher mieux. Cela me causa une grande peine. La voix se fit alors plus sévère. Ils se fussent volontiers dissimulés plus avant, mais ils furent obliges de se découvrir.

La silhouette majestueuse et éclatante de lumière apparut : ils s’avancèrent vers elle tête baissée, sans oser regarder le Seigneur : ils se jetaient toutefois des coups d’œil et s’excusèrent.

Alors Dieu leur indiqua, plus bas encore, une plaine piquetée d’arbres et de fourrés. et c’est alors qu’ils comprirent vraiment leur état misérable. Lorsqu’ils furent seuls, je les vis prier. Ils s’écartèrent l’un de l’autre. tombèrent à genoux, levèrent les mains vers le ciel et se mirent à crier et à pleurer. Lorsque je voyais cela, je sentais combien l’isolement est bienfaisant pour la prière.

Le Paradis se détache de la terre

Ils étaient désormais vêtus d’un habit qui couvrait leur corps des épaules aux genoux. Leur ceinture était une bande d’écorce. Pendant qu’ils fuyaient. le Paradis semblait se retirer derrière eux, comme un nuage. Et un cercle de feu, comparable aux halos que l’on voit autour du soleil ou de la lune, descendit du ciel et s’établit tout autour de la montagne où était le Paradis.

Adam et Eve n’avaient passé qu’un jour au Paradis. Je vois celui-ci de loin, maintenant, comme un banc sous le soleil levant. Lorsque j’ai cette vision, je vois le soleil prendre sa course à l’extrémité droite de ce banc.

Le Paradis est situé à l’est de la Montagne des prophètes, et m’apparaît toujours comme un œuf flottant à la surface d’une eau incroyablement claire qui le sépare de la terre et la Montagne des prophètes est comme un contrefort du Paradis : on y découvre des régions verdoyantes, magnifiques, séparées par de profonds ravins et des gouffres pleins d’eau. J’ai déjà vu des hommes entreprendre l’exploration de la Montagne des prophètes, mais ils ne sont pas allés bien loin.

J’ai vu Adam et Eve arriver sur cette terre de pénitence : c’était un spectacle infiniment bouleversant, que ces deux êtres en pénitence sur la terre nue. Adam avait eu la permission d’emporter un rameau d’olivier du Paradis et le planta. J’ai vu que, par la suite, la Croix fut taillée dans ce bois. Ils étaient dans une affliction poignante. Comme je pus le constater, ils ne pouvaient qu’à peine apercevoir le Paradis. Ils étaient toujours poussés plus loin et, en même temps, c’était comme si quelque chose se retournait. Finalement, ils atteignirent, dans l’obscurité et la nuit, le triste lieu de l’expiation.

La famille d’Adam s’installe en Palestine

C’est dans la région du Mont des Oliviers que j’ai vu arriver Adam et Eve : le paysage était différent de ce qu’il est maintenant. mais il me fut montré que c’était bien ce pays. Je les ai vu habiter et faire pénitence à l’endroit même où Jésus eut la sueur de sang. Ils cultivaient les champs. Je les ai vus entourés de fils et plongés dans une grande affliction, suppliant Dieu de leur accorder aussi des filles. Ils avaient reçu la promesse que la postérité de la femme écraserait la tête du serpent.

Eve donnait naissance à ses enfants à intervalles précis : il y avait toujours un certain nombre d’années de pénitence entre deux naissances. C’est ainsi qu’elle enfanta Seth l’enfant de la promesse dans la grotte de la Nativité. après sept ans de pénitence : et là, un ange de Dieu lui dit que Seth était la postérité que Dieu lui donnait à la place d’Abel. Seth demeura longtemps caché en ce lieu, ainsi que dans la grotte de l’allaitement d’Abraham, parce que ses frères – comme ceux de Joseph – cherchaient à attenter à sa vie.

Un jour, je vis douze personnes : Adam, Eve, Caïn, Abel et deux de leurs sœurs, et d’autres enfants plus petits. Tous étaient habillés de peaux de bêtes jetées sur leurs épaules et ceintes comme des scapulaires. Ces peaux s’élargissaient sur la poitrine et servaient de sac. Elles étaient plus longues autour des jambes et attachées sur les côtés. Les hommes portaient des peaux plus courtes auxquelles étaient fixées des gibecières dans lesquelles ils portaient quelque chose. Ces peaux étaient très blanches et fines, des épaules jusqu’à mi-bras, et les femmes les attachaient sous leurs bras. En ce vêtement, ils étaient très beaux et majestueux.

Il y avait là des cabanes, quelque peu enfoncées dans la terre, et recouvertes de plantes : c’était une communauté parfaitement organisée. J’ai vu des champs avec de petits arbres fruitiers assez robustes. Il y avait aussi des céréales, du blé, que Dieu avait donné à semer à Adam.

Je ne me souviens pas d’avoir vu du blé et de la vigne dans le Paradis. Il n’y avait au Paradis aucun fruit susceptible d’être utilisé comme aliment. La préparation des mets est une conséquence du péché et pour cela un symbole de la souffrance. Dieu donna à Adam tout ce qu’il devait semer. Je me souviens également avoir vu des hommes comparables à des anges donner quelque chose à Noé, lorsqu’il entra dans l’Arche cela me parut être une pousse de vigne, qu’il piqua dans une pomme.

Il y avait également une sorte de céréale sauvage qui poussait librement, et parmi laquelle Adam devait semer le froment, car ainsi s’améliorait l’espèce sauvage mais elle dégénéra finalement et devint encore plus mauvaise. Dans les premiers temps, ce grain sauvage se répandit, particulièrement bon et comme anobli, vers le Levant, en Inde ou en Chine, lorsqu’il y avait encore peu d’hommes en ces contrées. là où il y a de la vigne et des poissons, ce grain ne pousse pas.

Ils avaient la peau d’une belle couleur jaune, brillante comme de la soie. et des cheveux blond-roux, comme de l’or.

Adam et sa famille buvaient le lait des animaux et mangeaient aussi du fromage, qu’ils faisaient sécher au soleil. Parmi les animaux, j’ai vu surtout des montons. Tous les animaux auxquels Adam avait donné un nom l’avaient suivi, mais ils fuyaient, et il dut d’abord s’attacher les animaux domestiques en les nourrissant, et les habituer à lui. J’ai vu des oiseaux aussi, qui volaient ça et là , des petits animaux, et aussi des animaux sauteurs. C’était une communauté toute patriarcale. J’ai vu les enfants d’Adam étendus autour d’une pierre dans une cabane, pour manger. Je les ai vu prier et rendre grâce.

Dieu avait enseigné l’offrande à Adam, et il était le prêtre dans sa famille. Caïn et Abel le furent aussi, et je vis que leur formation eut lieu dans une cabane particulière.

Ils avaient la tête coiffée de bonnets de feuilles et de brindilles tressées en forme de nacelle, avec quelque chose à l’avant qui permettait de les saisir. Ils avaient la peau d’une belle couleur jaune, brillante comme de la soie. et des cheveux blond-roux, comme de l’or. Adam portait aussi les cheveux longs. Il avait une barbe, courte d’abord. puis plus longue. Eve porta d’abord les cheveux très longs, puis roulés en mèches disposées autour de la tête comme une coiffe.

J’ai toujours vu le feu comme de la braise recouverte. comme s’il était souterrain. Ils le reçurent d’abord du ciel et Dieu leur apprit à l’utiliser. Il y avait une matière jaune. comme de la terre, comme une sorte de charbon. qu’ils brûlaient. Je ne les vis pas cuire d’aliments. je vis qu’au début, ils les séchaient au soleil : ainsi le blé. écrasé et exposé au soleil dans de petites fosses. sous un toit en treillis. Les céréales que Dieu leur donna étaient le blé. le seigle et l’orge. Dieu leur apprit la culture, comme Il les enseigna en toutes choses.

Des grands fleuves. comme par exemple le Jourdain. je n’en vis point : mais des sources jaillissaient, qu’Adam et sa famille canalisèrent pour former des étangs. Avant la mort d’Abel. on ne mangeait pas de viande.

Le tombeau d’Adam

J’ai eu un jour cette vision au sujet du mont du Calvaire : je vis qu’un prophète. le compagnon d’Elle. se rendit en ce lieu. qui était alors une colline percée de grottes et de niches funéraires murées il entra dans une de ces grottes. sous terre. et tira d’un sarcophage de pierre plein d’ossements le crâne d’Adam.

Un ange se tenait prés de lui, en apparition. qui lui dit : « Ceci est le crâne d’Adam. « . et qui lui interdit de l’emporter. Il y avait. sur ce crâne, encore quelques fins cheveux blonds. ça et là.

Je vis aussi qu’à la suite du récit que fit le prophète on nomme cet endroit « le lieu du crâne. (Golgotha).

C’est juste au-dessus de ce crâne que le pied de la Croix du Christ fut planté, au moment de la crucifixion.

J’ai eu révélation que cette place est le centre de la terre, et il m’a été indiqué la distance en chiffres vers l’Orient, le Midi et le Couchant. mais je l’ai oubliée.

Le tombeau d’Eve

(Wikipédia) Le tombeau d’Ève est un site archéologique qui se trouve à Djeddah, en Arabie saoudite.
La tradition populaire attribue cette sépulture présumée à Ève et ce lieu continue d’attirer des pèlerins de nos jours.
La tombe a été détruite par les autorités saoudiennes en février 1928, au motif qu’elle encourageait la superstition.
Le site, aujourd’hui occupé par un cimetière, a été scellé par une chape de béton en 1975, par les autorités religieuses saoudiennes voulant faire cesser les prières s’y déroulant, qui sont considérées dans l’islam comme relevant de l’idolâtrie et du polythéisme.

Le tombeau d’Ève en 1913.
Le tombeau d’Ève à Djeddah,
photographie tirée du livre de St. John Philby, The Heart of Arabia (1922)

Les premiers hommes et le Déluge

Extrait des révélations de la religieuse allemande Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179). Tous les écrits sont consultables en ligne sur le site Livres Mystiques.com.

L’eau, avant le déluge, n’avait ni la rapidité à s’écouler ni la fluidité qu’elle eut par la suite. Mais elle était recouverte d’une sorte de membrane qui la maintenait quelque peu, si bien qu’elle coulait peu. La terre alors n’était pas limoneuse mais sèche et cassante, car elle n’avait pas encore été imprégnée d’eau. Mais, selon le premier commandement, elle donnait du fruit en surabondance.

Les hommes avaient alors oublié Dieu, si bien qu’ils agissaient plus à la ressemblance des animaux qu’à la ressemblance de Dieu. Et beaucoup aimaient plus les animaux que les hommes, si bien qu’hommes et femmes se mêlaient et s’unissaient aux animaux, tant et si bien que l’image de Dieu en eux était presque détruite.

Et toute l’espèce humaine fut changée et transformée en monstres, si bien que certains hommes modelaient même leur conduite et leur voix sur celles des animaux, dans leur course, leurs cris et leur façon de vivre. Car bêtes sauvages et troupeaux, avant le déluge, n’avaient pas encore l’aspect repoussant qu’ils eurent par la suite.

Les hommes ne les fuyaient pas plus qu’ils ne les fuyaient et les un et les autres ne se craignaient pas. Mais bêtes et troupeaux restaient volontiers avec les hommes, et les hommes avec eux, parce que, à l’origine, ils avaient pris naissance à peu près ensemble.

Bêtes et troupeaux touchaient de près les hommes et les hommes les touchaient de près, et, dans leurs différences, ils s’aimaient réciproquement et s’unissaient les un aux autres. Cependant Adam avait donné le jour à un certain nombre d’enfants qui étaient si bien remplis de la raison divine qu’ils n’acceptaient de se livrer à aucune turpitude, mais demeuraient dans la sainteté. C’est pourquoi ils étaient appelés Fils de Dieu.

Pourquoi Fils de Dieu ?

Ceux-ci observaient et cherchaient à voir où se trouvaient les hommes qui ne s’étaient pas unis aux bêtes, bien qu’ils fussent des fils des prévaricateurs, comme on l’a dit plus haut. Et ceux-ci étaient appelés fils des hommes, parce qu’ils ne s’étaient pas avilis dans leur corps et ne s’étaient pas unis aux animaux. Et les fils de Dieu épousèrent leurs filles, et, d’elles, ils engendrèrent des fils, selon ce qui est écrit : “Les fils de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles…”

En fait, il existe encore des animaux et des espèces de bétail qui, de la façon que nous avons dite, ont récupéré en elles, venant des hommes, beaucoup d’éléments de la nature humaine. Alors, la clameur de cette iniquité monta jusqu’aux yeux de Dieu, car l’image de Dieu avait été déformée et détruite, et son caractère raisonnable bouleversé dans la fornication.

C’est pourquoi l’Esprit de Dieu, qui, lors de la création, planait sur le monde, envoya des eaux sur les eaux ; et la membrane des eaux, qui empêchait un peu les eaux de s’écouler avec la rapidité qu’elles ont maintenant, fut alors déchirée, l’eau devint très rapide dans sa course et submergea les hommes.

Alors l’eau imprégna si bien la terre que celle-ci en devint comme ferrugineuse et dure, et que, dans toutes ses productions, elle donna un suc nouveau et plus fort qu’auparavant, et qu’elle donna du vin, ce qui ne s’était pas encore vu.

Par ailleurs les pierres, qui ont été créées en même temps que la terre et qui avaient été recouvertes par elle, furent laissées à l’air par les eaux et apparurent; et certaines d’entre elles se fendirent, alors qu’elles avaient été intactes jusqu’alors.

Après le Déluge – L’arc-en-ciel

Quant aux pierres, leur nombre n’augmenta ni avant ni après, à l’exception de celles qui apparaissent dans les fleuves, claires et polies; mais, créées en même temps que la terre, elles furent simplement révélées par le déluge.

Dieu alors plaça son arc au firmament du ciel pour le fortifier et le faire résister aux eaux. Cet arc est de feu et il a les couleurs des eaux, et ses couleurs sont fortes contre les eaux comme contre les nuages : de la sorte, il maintient les eaux par ses couleurs comme un filet retient les poissons et les empêche de s’écouler. Après le déluge, apparurent chez les hommes une sagesse plus grande et des vertus plus grandes qu’auparavant.

Avant le déluge, la terre était remplie d’hommes et d’animaux, et ils n’étaient pas séparés les un des autres par des eaux ou des forêts, car il n’y avait encore ni grands fleuves ni grandes forêts, mais seulement des ruisseaux et des rivières que l’on pouvait facilement franchir, et un petit nombre de forêts que les hommes traversaient facilement.

Mais, après le déluge, un certain nombre de sources et de ruisseaux se sont gonflés en fleuves immenses et dangereux ; de grandes forêts ont poussé, par lesquelles hommes et animaux se sont trouvés séparés, si bien que finalement les hommes détestaient les animaux et que les animaux détestaient les hommes.

Car, avant le déluge, il ne pleuvait pas : une simple rosée descendait sur terre. Par la suite, la terre a été imprégnée par les eaux, au cours du déluge, et la terre eut naturellement besoin de recevoir la pluie des eaux. (…)

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